Univesité Rennes 2

Le plagiat

Journée de réflexion

DATE 18-03-2011 DURÉE 05:09:45 GENRE Conférence PUBLIC Personnel universitaire DISCIPLINE Autre (Généralités) Auteur Michelle Bergadaà / Jean-Noël Darde / Emmanuel Pierrat / Alexandre Serres Réalisateur Gilles Briend Producteur Université Rennes 2 / Espace des sciences

Résumé

Nous voudrions exprimer, tout d’abord, notre sincère gratitude aux conférenciers dont la qualité des interventions, la nature des propositions avancées et les savoirs déployés ont fait prendre conscience aux organisateurs et au public présent du travail que se doit d’accomplir en matière de plagiat l’Université Rennes 2. Il est vrai, globalement parlant, que l’institution universitaire s’est montrée le plus souvent hésitante et réticente face à des cas avérés de plagiat. De l’avis de Jean–Noël Darde, on observe la même passivité de la part « de l’administration et des syndicats ». Cédant à la confidence, les organisateurs expriment leur satisfaction car les thématiques traitées ont correspondu aux attentes qu’ils s’étaient fixées et à la finalité visée : débattre du plagiat en objectivant les données d’étude.

S’il est vrai que la culture informationnelle a opéré une véritable « révolution historique » chez les enseignants et chez les étudiants, force est de constater que les pratiques universitaires n’ont pas ou très peu intégré dans la formation théorique et méthodologique des nouveaux cursus une sensibilisation active, voire un plan de lutte ou une prise de conscience concernant un phénomène massif, insidieux et pervers, nommé le plagiat. Aussi face aux « nouveaux gestes cognitifs » en rupture partielle ou totale avec les modèles de l’apprentissage traditionnel, se dresse la culture hégémonique du numérique conçue comme un outil utilitaire pour laquelle les acteurs du monde universitaire n’ont pas reçu d’éducation particulière comme l’a souligné avec pertinence Alexandre Serres.

A s’en tenir au plagiat universitaire dont on commence à mieux mesurer l’ampleur et la typologie des cas, on ne peut manquer d’observer que si l’existence des logiciels anti-plagiat, détecteurs de similitudes et d’indices, constitue un indéniable progrès technique, celle-ci ne saurait, à elle seule, apporter une réponse éthique satisfaisante. En effet, s’il est assez facile de traquer le copier-coller ou les séquences identiques, il est beaucoup plus difficile à un logiciel de repérer les modifications introduites par rapport au texte originel. En outre, il n’échappe à personne que l’on assiste à une sophistication du plagiat au point que l’on peut aisément changer un texte sans toucher pour autant à son ossature argumentative. En outre, se doter de moyens techniques n’implique pas la démission de l’université mais un souci et une volonté d’affirmer une de ses missions les plus prestigieuses : veiller au respect scrupuleux des règles concourant à la production d’une pensée authentique, scientifiquement étayée et moralement fondée.

Dans cet ordre d’idée, on ne passera pas sous silence les préventions et les sanctions, les valeurs et les normes qu’exige la production de pensée au sein du dispositif universitaire. Au nombre des valeurs, défigurées par la tyrannie de l’urgence et la course à la promotion, l’institution a oublié une idée simple mais néanmoins fondamentale : à savoir qu’un chercheur est un acteur au service d’une connaissance collective, qu’il est modestement « un créateur de connaissance ».
Face aux failles de notre système, il serait de bonne méthode de proposer un projet, une sorte de Charte. A cet égard, le plan suggéré par Madame Michelle Bergadaà, structuré en douze points, mérite attention et réflexion tant il contient des pistes stimulantes qu’il convient d’explorer avec rigueur et sérieux. Dans la riposte énergique et sans concession du plagiat, il faut associer massivement professeurs et étudiants mais également les équipes élues et la CPU. Au-delà, il faudra penser à une coordination des universités européennes, à la création d‘un cadre transnational.
La tenue d’une telle manifestation ouvre une ère nouvelle à l’université Rennes 2. Si l’on constate un léger retard en matière de lutte anti-plagiat, il n’est au pouvoir de personne de mettre en doute l‘ambition de la commission d’Ethique, consciente du vaste chantier qui s’offre à elle.

Ricardo Saez

Avec la participation de :
Michelle BERGADAA, Professeur d’économie à l’Université de Genève.
Emmanuel PIERRAT, Avocat au Barreau de Paris spécialiste du droit de la presse et de la propriété intellectuelle.
Jean Noël DARDE, Maître de Conférences à l’Université Paris 8 en Sciences de l’information et de la communication, auteur du blog « Archéologie du « copier-coller ».
Alexandre SERRES, Maître de Conférences en information et communication à l’Université Rennes 2, coresponsable de l’URFIST (Bretagne-Pays de Loire).
Ricardo SAEZ, Président de la commision éthique-plagiat Université Rennes 2.
Danielle Charles-Le Bihan, vice-présidente du conseil d’administration de l’Université Rennes 2.