Former dans un monde fluctuant : les pistes de la robustesse
Conférence de Laurent Marseault
Résumé
Conférence de Laurent Marseault (consultant ; outiller les transitions pour coopérer et fonctionner en réseaux)
Transcription
La phrase est en deux parties.
La robustesse,
c’est rester stable à court terme et viable à long terme
malgré les fluctuations.
La première partie, c’est rester stable à court terme.
Là, on fait des tests de fluctuation.
Dès qu’il y a des crises, on analyse.
Ça, c’est petit 1.
C’est
la première partie de la phrase.
La deuxième partie de la phrase, c’est…
C’est viable…
Pour terme,
il y a des gens que ça dérange.
Donc, rester viable à long terme, ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que, actuellement, le fait d’être performant,
ultra performant,
ça provoque des burn-out généralisés.
Pascal Chabot, c’est un philosophe belge.
Les Belges, ils sont vraiment…
1, 2, 3.
Pascal Chabot écrit un livre, il appelle ça Global Burnout.
Et donc si vous ne lisez que la quatrième de couverture, il
dit,
on est dans un monde qui est tellement performant que cette
ultra-performance provoque un Global
Burnout.
Burnout, ça veut dire quoi ?
Burnout des personnes.
En France, on a la chance d’avoir 18% des salariés qui sont
au Burnout.
18% des salariés.
On a des sociétés, Burnout des sociétés.
On a actuellement des humains qui sont hyper clivés,
on a des gens qui ne se connaissent pas du tout sur un
quartier, dès qu’il y en a un qui sort la tondeuse,
il se fait massacrer par les gens d’à côté.
Donc il y a un enjeu à prendre soin de la société.
Troisième élément, c’est le burn-out du vivant autre que
nous.
Les extinctions actuellement des espèces,
c’est à peu près mille fois plus rapide que lors de la
dernière grande extinction des dinosaures.
Donc oui, actuellement, on nous bassine avec le CO2 parce
que c’est facile à mesurer.
Donc je ne dis pas que ce n’est pas bien.
Mais du coup, un des soucis majeurs actuellement, c’est le
fait que le vivant,
nous sommes en guerre contre le vivant.
Et donc le vivant est en train de s’écrouler.
Si on fait l’hypothèse que nous sommes vivants,
nous sommes dans une logique cynique et suicidaire.
Cynique parce qu’on le sait, et suicidaire parce que c’est
une grosse logique de suicide collectif.
Et comme dit une de mes filles, c’est maintenant que tu
sais, si tu ne bouges pas,
c’est que tu as envie que ça continue.
Donc, quand je disais que l’idée stable à court terme,
c’est s’il y a une fluctuation, il faut que ça continue, et
viable à long terme, il faut qu’on travaille cette
vulnérabilité à long terme.
Donc là, il y a une notion qui a été amenée par Michel
Serres, c’est la notion de santé commune.
Tout projet au XXIe siècle doit réparer ses santé.
La santé des personnes, la santé des sociétés et la santé
des écosystèmes.
Je crois que la CPM disait, nous on s’occupe de la santé des
gens.
On est au 21e siècle.
Si nos projets ne contribuent pas à réparer ces trois santé,
ça va créer des fluctuations de plus en plus importantes.
Si on veut réduire les fluctuations dans leur fréquence et
dans leur amplitude,
Nos projets doivent réparer, à la fois faire ce qu’ils ont à
faire,
mais doivent réparer la santé des personnes, des sociétés et
des écosystèmes invariablement.
Donc là, il y a des gens qui disent, oui, mais nous, la CPM,
c’est quand même notre boulot,
c’est quand même de la santé des personnes.
et vous pourriez pas être en lien parce qu’effectivement on
peut pas tout faire
et comment vous pouvez être en lien avec des personnes qui
s’occupent de la santé des sociétés
ah bah je connais, peut-être qu’on pourrait mettre juste nos
salles qui sont inoccupées le soir
à disposition d’assos qui manquent de lieux pour se réunir.
Ah bah tiens, on n’avait pas pensé à ça.
Puis la santé de la biodiversité, peut-être que tu as des
assos locales,
tu peux mettre un petit bout d’argent,
tu en mets un tout petit bout pour que ces assos-là qui sont
en train de se casser la figure,
puissent avoir les moyens de décemment payer les salaires
des personnes qui travaillent là-dessus.
Donc c’est comment on va articuler nos actions, pourquoi
nous tous, on travaille, encore une fois,
invariablement à réparer ces santé des personnes, des
sociétés, des écosystèmes.
Donc là, on reprend la phrase.
restez stable à court terme ça c’est des tests de
fluctuations et dès qu’il ya une fluctuation
on apprend de ça et via la langue à long terme il faut
absolument réparer la santé la
santé commune ça fait un peu péremptoire mais vous mettrez
de la finesse
c’est compréhensible ok alors du coup je vais
vous parler il est 14 et j’ai jusqu’à 45 c’est parfait
c’est vraiment parfait Je vous disais que j’étais un peu
pompier.
Et j’ai assisté en
15 ans à un switch total dans la manière de former les
pompiers.
Quand j’ai commencé le fait d’être pompier il y a une grosse
quinzaine d’années
maintenant, on avait des procédures,
et donc tu as des gens qui te formaient, et on te disait,
pour prendre une échelle,
tu la prends comme ça, tu la tournes comme ça…
Tu la poses et tu étais évalué sur le fait de respecter à la
lettre la procédure.
Et donc on avait des grands spécialistes qui avaient
travaillé sur toutes les
procédures possibles et imaginables.
Donc quand on va dans un trou, quand on attrape une
bestiole, tout était protocolé, procéduré.
Et nous, on devait respecter ça.
Ça, c’était le début de la formation.
Et donc, c’était vraiment…
Si à un moment, il y a même des gens qui disaient « Toi,
t’es trop intelligent.
On n’a pas besoin de gens comme toi. » Parce que du coup,
des fois, je dis « Ouais, mais là… » Non,
c’est pas « Mais là, c’est comme ça, point. »
Et puis, il y a eu un truc qui s’est passé, c’est Sarajevo.
Une guerre en Bosnie, je ne sais pas si ça vous…
Il y a des piou-piou là, il y en a qui ne se rappellent pas,
mais il y a une guerre.
Et là, ça a…
une guerre en Europe.
Et là, ça a été un bis repetita, en fait, de la seconde
guerre mondiale.
Ce qu’on a vu, c’est que les personnes qui avaient fait du
grand n’importe quoi
étaient des gens parfaitement éduqués.
Et donc on a vraiment le bis repetita de ce qui s’est passé
durant la seconde guerre mondiale.
On voit qu’il y a des personnes qui étaient vraiment
excellentes pour respecter la procédure.
On leur a dit de faire ça, ils ont fait ça.
Et quand on leur dit mais là vous avez massacré des gens, ah
non moi j’ai respecté le protocole, on m’avait dit de faire
ça.
Et donc là il y a un livre blanc, alors on le recherche ce
livre blanc,
mais c’est un gars de l’école nationale des sapeurs-pompiers
qui va…
Un livre blanc qui a été fait au niveau européen en disant
qu’on s’est planté en termes de formation,
on inverse l’intégralité de la manière de faire.
Donc un livre blanc sur l’analyse de la Seconde Guerre
mondiale et la guerre de Bosnie en disant
qu’il faut qu’on arrête de…
de former des personnes bêtes font qu’on apprenne aux
personnes à trouver
collectivement les réponses à des problèmes.
Pour deux raisons.
Petit un,
il faut que les gens soient en capacité de désobéir si
jamais ce qu’ils sont en train de faire flingue l’idée
même d’humanité.
Et l’autre chose, c’est qu’on est dans un monde qui bouge de
plus en plus, on ne parlait pas encore de fluctuations,
mais on est face à des choses qui sont de plus en plus
imprévues.
Il faut qu’on ait des personnes qui soient capables
d’inventer des solutions.
Et on le voit très très bien actuellement en Ukraine, les
personnes qui inventent des choses,
c’est des personnes qui sont des fois pas du tout des gens
de l’armée.
Donc on a un problème, il faut qu’on invente des solutions.
Et donc moi j’ai vu un renversement radical en termes de
formation.
C’est-à-dire qu’au début on avait des documents qui étaient
des documents imprimés et il
fallait les acheter pour avoir la doctrine, etc.
Et moi je disais, on pourrait les avoir en open source ?
Et donc le document était la parole divine.
Là, d’un seul coup,
on a vu apparaître une plateforme avec l’intégralité des
contenus de
formation sur cette plateforme.
Ouvert à toutes et tous.
Je pourrais vous donner la référence.
Tout le monde peut aller sur cette plateforme et là,
vous allez voir des centaines et centaines et milliers de
contenus de formation pour du coup
se former.
Donc ça veut dire quoi ?
Et là,
chaque département peut faire une déclinaison départementale
et un formateur peut faire une déclinaison en fonction de ce
que lui il
pense.
Alors donc il y a un truc qui est très troublant, c’est que
ça paraît incohérent.
Tu dis quand même les pompiers, il faut qu’ils soient
performants quand ils arrivent à venir vous voir,
mais il y a un truc incohérent.
On te propose plusieurs manières de faire, mais qu’est-ce
que ça provoque ?
Ça provoque le fait de dire, moi qu’est-ce que j’ai envie de
faire ?
Comment je vais aller chercher le contenu pour que ça ait du
sens pour moi ?
Merci.
L’intégralité des contenus sont accessibles à tous et en
open source.
Juridiquement, je peux prendre le contenu,
moi l’améliorer et le contextualiser pour ma caserne ou du
coup le partager pour tout le monde.
Ça c’est, oui, révolution.
Le nombre d’universités qui actuellement sont les lieux
détenteurs du savoir,
où les contenus sont accessibles uniquement à leurs
étudiants et encore,
et tout est copyrighté, heureusement que ce n’est pas payé
avec l’argent public tout ça.
Donc on a vu arriver, je regarde parce que j’avais dit des
trucs super intéressants,
le switch, c’est-à-dire que maintenant on fournit aux gens
des espèces de grands référentiels,
autour de ce sujet-là, voilà le nuage des possibilités.
Maintenant c’est à toi de te positionner.
Ce qu’on a vu arriver aussi,
c’est vraiment un switch sur la logique de pouvoir et
puissance.
Alors le pouvoir c’est quoi ?
Je veux et je sais, c’est-à-dire que moi en tant que chef de
l’intervention, je veux ça et je sais, donc toi tu fais ça,
tu fais ça, tu fais ça, c’est ce qu’on appelle la hiérarchie
descendante.
Et on a vu arriver de plus en plus des gens qui disent, moi
j’ai envie de,
c’est-à-dire que moi je te dis l’objectif, j’ai envie qu’on
arrive à ça,
et toi qu’est-ce que tu en penses ?
Avant d’être dans l’opérationnel,
est-ce que du coup on est bien d’accord sur le fait qu’on
veut la même chose ?
Qui permet des fois de dire, alors là on est chez les
pompiers donc en général c’est plutôt pour sauver les gens
et ça,
mais pour l’armée c’est aussi ça.
Ça s’est appliqué aussi à l’armée.
Est-ce que du coup vous êtes d’accord que là d’aller
flinguer ce village là, on a tous la même envie ?
Ok.
Je ne sais pas si l’exemple est super.
Donc on a envie.
Maintenant par contre, moi j’ai une idée de manœuvre.
Donc moi le chef j’ai une idée de manœuvre.
Qu’est-ce que vous en pensez ?
Donc c’est-à-dire que je ne vais pas dire comment il faut
faire.
Je vais proposer ça, et est-ce que du coup, vous êtes
d’accord sur le fait qu’on peut faire un peu différemment ?
Donc on va co-construire la réponse.
Et ça, encore une fois, en 15 ans, c’est vraiment un switch.
Donc on passe d’une logique de pouvoir à une logique de
puissance.
Quand je dis puissance, c’est qu’on met en puissance le
collectif.
Ok ?
J’essaie de former des élus à ça, il y a une marge de
progression non négligeable.
Et du coup, quand je disais l’écosystème de formation,
on a cette fameuse plateforme ouverte sur laquelle il y a
des contenus partagés, c’est la plateforme Appis,
si vous cherchez sur internet, vous pouvez trouver ça, et en
tant que citoyen, vous voyez tous les contenus sans aucun
problème.
On ne fait maintenant quasiment que de la mise en situation
professionnelle.
Donc on crée aux gens des situations, un peu comme le test
de fluctuation,
il y a ça qui se passe, et bien allez-y.
Et du coup, les gens vont aller chercher leur connaissance,
leurs compétences.
Si on prend en France, il y a 80% de pompiers volontaires,
donc ils ont aussi un métier à côté.
Donc on va dire, tu sais faire ça, ok, un peu de ça.
Et puis il y a des contenus, des ressources, de toute façon,
la ressource, ça sent abondante.
Donc je peux aller chercher dans toutes les spécialités,
même si je ne suis pas spécialiste.
Et puis on va fabriquer de la réponse ensemble.
Ça, c’est complètement différent dans la manière de
procéder.
Et donc là, si jamais, moi, mes apprenants arrivent à
résoudre,
je vais fabriquer des mises en situation un peu plus touchy
pour
vraiment les amener jusqu’à leur zone de…
l’espectation, un truc comme ça, ça fait bien ça, non ?
L’endroit où ils apprennent, en fait.
Donc je vais vraiment aller gratter au niveau des marges de
leur savoir, de leur maîtrise,
pour trouver du coup les zones d’apprentissage.
Et ce qu’on fait, c’est qu’on apprend, quand on voit des
gens qui sont un peu futés,
on leur fait fabriquer des situations pour leurs collègues.
Alors pas pour les piéger, mais pareil, pour que par petit
temps, on apprenne à résoudre des choses,
ce qui fait que pour que les personnes travaillent leur
adaptabilité, on revient toujours sur cette notion.
On fait sans arrêt des retours d’expérience,
c’est-à-dire que du coup la connaissance qu’on va leur faire
acquérir par ces mises en situation,
quand ils vont être confrontés au terrain, ils seront
toujours confrontés à des choses inattendues.
Si on est confronté à de l’inattendu,
on fait un retour d’expérience qui impacte la manière de
faire la formation et qui impacte les contenus.
Donc vous voyez, il n’y a pas les détenteurs du savoir qui
vont faire la formation et puis après au revoir messieurs
dames,
il y a une boucle de rétro contrôle qui fait qu’en
permanence, si jamais il y a…
Nous on l’a vu quand il y a eu Charlie Hebdo et après quand
il y a eu Trev, on a vu dans les 15 jours,
il y a l’arrivée, des nouvelles formations arrivées, des
nouvelles mises en situation pour qu’on puisse se préparer
à.
Donc on a tous les formateurs et donc tout cet écosystème de
formation qui du coup va évoluer
en fonction des retours d’expérience.
Donc on a vraiment un système vivant.
On fait régulièrement ce qu’on appelle des FMA, formation de
maintien des acquis,
parce que du coup il faut s’entraîner et en fait on teste
notre
adaptabilité, c’est toujours la même chose.
Donc on fait des trucs les plus tordus possibles où on fait
une fluxion.
fluctuation, une deuxième, une troisième, puis le camion est
en panne.
On s’amuse beaucoup, mais pareil, il vaut mieux ça le faire
par petit temps que par gros temps.
Ce qui fait que quand par gros temps, on se prend une
fluctuation sur la figure,
comme on a joué avant à notre adaptabilité, on n’a même pas
peur.
On fait régulièrement un truc qui s’appelle les SDAC.
Les pompiers, ils ont plein de sigles, c’est fabuleux.
Le SDAC, comment ?
Le SDAC ?
J’ai dit la SDAC ?
Oui tout à fait, moi je suis au niveau international, donc
voilà, le SDAC au niveau du département,
le schéma départemental
d’analyse et de couverture des risques.
Donc dans chaque département, tous les cinq ans, On réunit,
alors au début c’était quoi les pompiers, puis maintenant
c’est les pompiers, puis les acteurs de la société civile,
et puis des sociologues,
et donc on analyse l’évolution du territoire.
Et on imagine, typiquement, toutes les fluctuations qui
pourraient nous tomber sur la figure.
Et s’il y a ça qui se passe, qu’est-ce qu’on fait ?
Qu’est-ce qui commande ?
De quel matériel on a besoin ?
Et donc ça, c’est, on imagine toutes les fluctuations qui
pourraient nous tomber sur la figure, et le but du jeu,
c’est de mettre en place un schéma départemental d’analyse
et de couverture des risques.
L’idée, c’est qu’on puisse couvrir l’intégralité des
risques.
Et ça, on le fait aussi en regardant les retours
d’expérience des autres territoires.
Moi j’adorerais que dans les universités, vous voyez, cette
espèce de continuum de contenu,
avec des personnes qui vont sur le terrain, qui nous font
des retours d’expérience, et puis tous les ans en disant,
tiens,
l’université d’aujourd’hui là,
c’est quoi les défis pour les 5 ans qui viennent ?
Et comment ces défis-là, on les bâtit collectivement ?
Est-ce que ces défis-là, on les bâtit qu’entre nous,
universitaires,
ou est-ce qu’on les bâtit avec la société civile ?
Suite aux grains d’incendie qu’il y a eu en Gironde, les DAC
reçuvant en Gironde,
on a associé les paysans.
C’est quoi les paysans ?
On s’est aperçu que…
ça brûlait tellement qu’en fait, on n’avait pas assez d’eau
par nos systèmes à nous.
Donc en fait, c’est les paysans qui, à un moment, faisaient
des norias pour amener de la flotte.
Du coup, quand on refait le schéma suivant, qu’est-ce que ça
veut dire ?
C’est-à-dire que maintenant, plus on fait ces schémas-là,
plus en fait, ils se co-courant.
reconstruit à l’échelle d’un territoire.
Et donc, ça fait écho avec ce qu’on disait tout à l’heure,
c’est au niveau d’un territoire qu’on fabrique des solutions
au monde qui va fluctuer dans tous les sens.
C’est toujours compréhensible ?
Du coup, je me suis amusé à regarder un petit peu le…
Oui, c’est ton anniversaire, on le sait.
C’est bon, ça va.
Ça va, Michel.
Donc du coup, il y a un certain nombre de principes du
vivant que Olivier décline, et donc pareil,
je me suis amusé à regarder les pompiers en disant, tiens,
est-ce qu’effectivement c’est un système qui est robuste ou
pas ?
Donc un des éléments, c’est effectivement le fait de
travailler,
le fait qu’on continue à travailler notre adaptabilité.
Donc là, vous voyez le fait de faire les manips, je ne
reviens pas sur ce que je disais précédemment.
La nature, elle est robuste parce qu’elle est hétérogène.
Si on regarde les contenus de formation, effectivement, ils
sont hétérogènes.
Donc tu pourrais dire, non, ce n’est pas logique.
Sauf que le fait que ce soit hétérogène, ça m’oblige, moi,
apprenant, à me positionner par rapport.
Il y a des moments où cette connaissance-là, elle est
pertinente, puis il y a d’autres moments où elle ne sera pas
pertinente et il faudra que j’aille chercher ailleurs.
Donc on me remet acteur de l’accès à la connaissance.
Le côté, la lenteur.
Donc la nature, elle est lente.
Et du coup, si on regarde bien, les pompiers, ils sont
plutôt…
Enfin, vous aimez bien qu’ils soient rapides quand on arrive
en intervention.
Mais sauf que du coup, le fait, grosso modo, des pompiers
sans arrêt, ça va attendre.
Et puis ça va se préparer.
Et là, les volontaires, ils sont payés 7,84€ les 12 heures
de garde.
Ça va ?
Tout va bien ?
Ah bah là ils dorment déjà, il y en a quelques-uns là, ils
sont perdus pour la science là.
Oui bah, il y a ton mari dans la salle quand même.
Alors, donc le côté lenteur,
donc oui il y a des moments où il faut être rapide, mais il
y a plein de moments où c’est lent.
Et donc bien souvent, vous vous rappelez les films
animaliers des années…
Bon, les piou-piou, vous n’allez pas vous rappeler, mais les
années 70-80.
Les films de Christian Zuber.
Ce qu’on voyait, c’était les moments de performance dans la
nature.
Donc on voyait le tigre qui mangeait, les troupeaux gnous
qui étaient attaqués.
En fait, on filmait uniquement les moments de performance
dans la nature.
La nature, grosso modo, c’est lent et c’est ultra lent.
Il y a quelques moments où c’est rapide, donc du coup si on
regarde les pompiers, il y a plein de moments où c’est lent,
et quelques moments où c’est tout à fait rapide.
Il y a un côté cohérent,
cohérent, incohérent.
Alors ça c’est une notion que j’ai mis un bout de temps à
comprendre.
Le côté cohérent, incohérent.
Le côté cohérent,
incohérent c’est le principe des
amortisseurs dans des voitures.
Vous savez comment ça marche un amortisseur dans une voiture
?
Ok, bon super.
En fait vous avez deux mécanismes qui sont antagonistes.
Un truc c’est un ressort, et un autre truc c’est un piston.
Et donc en fait c’est deux énergies qui se contrecarrent qui
fait qu’en fait, votre voiture quand elle est secouée,
ça va faire boum et petit à petit s’arrêter.
Quand l’amortisseur il est mort, ça va faire boum ça va
mettre beaucoup de temps.
Du coup, l’incohérence, c’est vraiment ça.
Et donc là, il y a un truc que j’ai vu chez les pompiers
aussi, qui est assez intéressant,
c’est que vraiment le moment où les pompiers sont les
plus…
les stars, c’est quand on est vraiment…
Toi, un faux d’habitation, un faux dans une université, pour
les pompiers, c’est extraordinaire.
C’est vraiment le moment où tu montres le meilleur de toi.
Et là, on est shooté.
Alors là, on est en mode performance, il n’y a aucun doute.
Et puis, tu es tellement…
C’était tellement heureux de vivre cet espace
extraordinaire,
c’est là que tu montres que tu en as.
Quand on rentre dans le bâtiment, on a de l’air respirable,
on a à peu près un quart d’heure d’autonomie.
Au bout d’un quart d’heure, on ressort et là, les gens sont
tellement gonflés.
Tu m’en remets, hop, et je repars.
Et donc là, on a des pompiers qui sont à la porte.
Tu vas te reposer.
Ah non mais je t’assure, je ne suis pas fatigué.
Là on est en mode performant, on est, quand je dis dopé à la
performance, c’est vraiment ça.
Et donc on a des personnes, leur boulot, c’est de lui dire
stop, tu arrêtes.
Donc oui c’est incohérent.
Donc on a à la fois la force qui dit là tu vas, et là
maintenant tu te reposes.
Pourquoi ?
Parce que si on veut durer, on ne sait pas combien de temps
va durer l’intervention,
donc on a besoin que l’intégralité du système fonctionne.
Pour que ça fonctionne, il y a à la fois des gens qui vont
dire là performant, là t’arrêtes.
Et c’est des gens dont c’est le rôle.
S’il n’y a pas ce rôle-là, il est fort possible qu’on se
grille très très rapidement.
Donc ça paraît incohérent, mais voilà.
Le côté achèvement-inachèvement,
de toute façon dans un monde qui bouge c’est toujours
inachevé, qu’est-ce que j’ai noté ?
Un côté aléatoire,
du coup quand on fait des formations de maintien des acquis
ou quand on fait de la
mise en situation professionnelle,
l’idée c’est de faire le truc le plus imprévu possible.
Parce que du coup si on commence à être dans un système
prévisible,
au bout d’un moment en fait tu es plus réactif, et
effectivement tu perds en adaptabilité.
Le côté redondance, si on regarde bien, des pompiers, il y
en a un petit peu partout.
Dans chaque pompier, il y a du matériel.
Ce qui fait que quand il y a une grosse intervention, on va
prendre les pompiers alentour, puis les pompiers alentour.
Le fait qu’on ait redondance de matériel, de compétences,
fait qu’on peut monter en charge et puis diminuer en charge
externe.
Et puis le dernier élément, c’est vraiment l’idée de
coopération.
On a parlé un petit peu de lien et donc il y a un enjeu à
coopérer.
Et donc actuellement, ce qu’on voit,
c’est que dans cette idée de faire ensemble
pour résoudre les problèmes du monde dans lequel on est,
on ne pourra pas travailler tout seul.
donc c’est comment on va mettre des geeks qui vont aider à
faire du réseau maillé,
des personnes qui jouent avec de la monnaie locale, des
pompiers quand il y a besoin etc.
et donc il y a effectivement l’enjeu à apprendre à faire
ensemble et je crois que c’est ça
Je crois que c’est Pablo Servigne qui dit ça, qui dit « Des
fois,
il vaut mieux être ami avec ses voisins qu’avec ses idées. »
Le jour où ça part en vrille et qu’on a besoin d’ensemble
fabriquer de la réponse sur son territoire,
« Est-ce que tu as à manger ?
Tiens, j’ai des conserves, etc. » Oui, encore une fois, des
fois, il vaut mieux être ami avec ses voisins qu’avec ses
idées.
Proche de vous.
Et donc il y a un enjeu à retravailler cette idée du
maillage et d’apprendre à coopérer avec des gens qui ne sont
pas que moi.
Parce que souvent on est tellement consanguin, on se met
avec des gens qui sont comme nous.
L’enjeu c’est d’arriver à boire des coups avec des gens qui
ne sont pas tes
toi, qui sont l’autre.
Et donc cette idée de coopérer au niveau de l’altérité,
c’est ça qui refait société.
Et peut-être qu’on en a un peu besoin.
Je pense que c’est peut-être la dernière chose.
Là, si on regarde bien, on a parlé beaucoup, quand j’ai
parlé du côté pompier,
c’est pour ça que j’ai quand même été peut-être un peu lourd
sur le côté formation et
révolution de la formation chez les pompiers, parce que je
pense que peut-être qu’il y a deux, trois choses qui peuvent
vous causer.
Là, on voit qu’on ne parle pas du tout de santé commune.
Donc on a parlé de fluctuations et comment les pompiers se
préparent
à gérer des fluctuations qui sont liées aux problèmes
d’incendie, d’inondation,
de gens qui ne vont pas très bien.
De plus en plus, il y a une vraie prise de recul en disant «
Oui,
mais c’est très sympa d’avoir des super canadaires,
d’avoir des super 1-1-1 qui permettent d’éteindre des
incendies qui sont catastrophiques.
Mais est-ce qu’il ne conviendrait pas de travailler sur les
causes profondes ? » Donc les causes profondes,
c’est comment faire pour que ça ne brûle pas ?
Du coup, si on prend à Aubé dans le sud,
il y a tout un travail qui est fait avec la société civile,
mais des pompiers, mais vraiment de la coopération, en
disant comment on va, autour de la commune,
refaire une ceinture de sérénité.
Une ceinture de sérénité, c’est une ceinture qui fait que si
ça brûle, ça ne va pas brûler le village.
Donc on pourrait dire, je ne suis pas propriétaire de…
Oui, mais ça c’est un commun.
Et donc nous décidons de fabriquer une ceinture de sérénité
pour que si ça brûle,
on ne crame pas.
Et là, du coup, on met autour de la table des personnes qui
sont extraordinaires.
Et là, on voit que ça permet, petit 1, de s’occuper de la
santé des écosystèmes,
parce que là, on s’occupe des écosystèmes qui sont en train
de se boiser.
Santé des sociétés, parce que ça, tu ne peux pas le faire
tout seul.
Le fait de faire des chantiers ensemble sur un territoire,
les gens, c’est super.
Et quand vous avez des humains qui sont dans un cadre de
santé, enfin de société qui va bien,
ils vont bien individuellement.
Les gens, actuellement, sont en train de crever de solitude,
des fois, chez eux.
Et donc là, on voit cet exemple de ceinture de sérénité.
Ce n’est pas une idée des pompiers, mais ceci dit, on voit
que, là, le fait que les pompiers soient associés,
on commence à parler de la notion de santé commune.
Et donc, on revient sur le fait que, oui, il faut des tests
de fluctuation, et quand il y a des fluctuations, pouvoir
les gérer.
Mais si on ne travaille pas cette santé commune, il faudra
des canadaires toujours plus puissants, des pompiers
toujours loin, et puis,
de toute façon, au bout d’un moment…
ça marche plus, on le voit bien sur ce qu’on appelle les
méga-feux, là dans l’autre par exemple,
il y a un moment où on ne peut plus gérer, vous pouvez
mettre le nombre de pompiers que vous voulez, en Gironde,
on envoyait des canadaires passer, l’eau était évaporée
avant d’arriver au sol.
Donc il faut vraiment cette idée de fluctuation et santé
commune,
c’est vraiment deux éléments indissociables et donc je pense
que s’il y a un petit élément à retenir,
des bêtises racontées, ça pourrait être ça.
Si vous avez des questions, des réponses,
je ne sais pas s’il reste combien de temps ?
10 minutes ?
Donc là peut-être des questions de clarification,
sachant que juste après on va vous mettre en situation de
vivre par le corps,
parce que là effectivement il y en a qui s’endorment, donc
là vous allez vivre par le corps, c’est les bêtises
racontées,
ce sera l’occasion d’en reparler.
et du coup voilà, sur le
Donc là il y a un petit site qui s’appelle la robustesse.org
si jamais ça vous a un peu intéressé.
Je vais vous le faire visiter un tout petit peu comme ça,
puis comme ça vous pouvez préparer les questions si vous en
avez.
Donc là il y a plein de choses sur la robustesse.
Voilà en résumé, donc là il y a trois conférences, deux
facilitations,
deux émissions.
Déclic le tournant, excellente émission, t’es d’accord ?
de la veille, donc il y a plein de contenu là-dessus, des
podcasts qui ont été faits, des projets exemples,
comment faire pour ringardiser la performance, parce que des
fois, voilà, c’est un…
Les incontournables, les concepts clés, les principes du
vivant, voilà ce que je vous ai raconté là super rapidement.
Vous avez ici la taque.
des principes du vivant, voilà, puis à chaque coup,
qu’est-ce qui se passe dans le vivant,
qu’est-ce que ça impacte dans les organisations, donc ça, ça
peut être amusant des fois de prendre vos organisations et
de dire,
tiens, est-ce que…
Voilà, si vous voulez vous amuser à faire des tests de
fluctuation, il y a ici…
fluctuation.
Donc on vous explique ce que c’est qu’une fluctuation.
Voilà niveau 1, niveau 2, niveau 3, machin, etc.
Et puis là vous pouvez vous amuser à en tirer au hasard
comme ça.
Inflation des prix.
Hop, super.
Tac.
Qu’est-ce qu’on a encore ici ?
Plein de pistes de solutions.
dans ce que vous avez raconté, ce qu’on voit, c’est que plus
on fait des tests de fluctuation, plus on s’aperçoit qu’il y
a des grands invariants.
Donc, avoir des stocks, le côté low-tech, le côté liens
sociaux,
vous verrez que ça, c’est plutôt sympathique.
Et puis, ça donne envie, franchement.
ça on s’en fout, Agenda on s’en fout, Communauté Apprenante,
il y a plein de groupes qui échangent sur le sujet,
et qui permettent que la notion reste vivante.
Et là il y a plein de supports partagés, des formats
d’animation, des trames de formation, de conférences,
des supports graphiques, je ne vais pas faire la liste, mais
il y a vraiment plein de matériel.
et une fois par mois, Avec le père Olivier, on fait une
discussion abattant-rompu autour d’un sujet.
L’idée, c’est qu’à nous tous, on est moins bêtes que tout
seul.
Voilà, c’est le site larobustesse.org.
Tout est protégé juridiquement comme étant réutilisable.
Donc, vous pouvez en faire des bouquins, les vendre.
premier qui privatise ses contenus on lui décale que la tête
en toute gentillesse des questions des remarques par rapport
aux bêtises racontées des choses qui seraient pas clair
il fait chaud
oui ah oui
Oui.
Alors deux choses,
donc première chose c’est que moi je suis passionné des
organisations donc effectivement
le fait qu’il y ait cette évolution et ma collègue Elgibieta
disait que j’étais
un des meilleurs formateurs au niveau mondial donc du coup
ça m’a intéressé de voir si cette évolution.
Donc ça, c’est la première chose.
Et deuxième chose,
il y a eu un copain de Saint-Nazaire
qui a du coup discuté avec un lieutenant-colonel,
quelqu’un qui est assez gradé sur…
qui a découvert la notion de robustesse et qui a lu
l’organisation des pompiers au travers de cette notion.
Donc ce qu’on voit, c’est que vraiment, ça fait…
Alors on n’arrive pas sur les mêmes constats et les mêmes
résultats,
mais ce qu’on voit, c’est que que les pompiers soient
robustes, c’est plutôt, même des fois, rassurant, quoi.
Donc c’est intéressant.
Et du coup, moi, j’ai plutôt zoomé là-dessus, effectivement,
parce que je pense que, notamment, pour moi,
la révolution dans les processus de formation qui se sont
passés, je pense que c’était…
voilà, j’aurais pu parler des…
de la robustesse dans les écosystèmes.
Peut-être que ça aurait été moins par rapport à qui vous
êtes.
Voilà, c’est pour ça que je me suis permis cet angle
d’attaque.
Autre…
Oui ?
Je me pose la question de savoir si un peu comme la
résilience,
alors du coup deux choses trois choses même donc robustesse
résilience il ya des gros
débats là dessus grosso modo la robustesse c’est
ne pas avoir à se casser la figure pour pouvoir rebondir par
la suite dans l’idée de résilience et
surtout la capa il ya plusieurs des filles à 50 définition
de résilience mais dans l’île il ya une des
définitions qui est assez proche de
celle de robustesse par contre il ya actuellement la
résilience
qui est utilisé par le néolibéralisme en disant les
meilleurs entrepreneurs ce sont ceux qui
sont votés trois fois et qui ont su rebondir c’est le côté
sélection naturelle mal mal
comprise appliquée aux humains et ça ça nous va pas du tout
du tout là l’idée c’est que
si possible que les humains continuent
à être joyeux et en bonne santé et tout le monde donc ça
c’est C’est la première
partie de la réponse.
Deuxième partie de la réponse, le gars du point…
Je ne sais pas du coup de quel parti politique il est,
mais il disait que la robustesse était vraiment du n’importe
quoi et que ça risquait d’amener
l’humanité à sa pauvreté.
Enfin, tu vois, c’était vraiment…
ça ne donnait pas envie, quoi.
Le corollaire de ça, c’est qu’actuellement,
les partis politiques qui commencent à s’emparer de ça,
jusqu’à présent, M.
Bardella ne nous a pas beaucoup sollicité pour échanger sur
le sujet.
Mais encore une fois, l’enjeu, c’est plutôt de, quand je
disais,
des fois il vaut mieux être ami avec ton voisin qu’avec tes
idées,
l’enjeu c’est aussi de sortir du cadre.
et quand du coup on parle pour faire un peu ces
ces métiers-là depuis maintenant quelques dizaines d’années.
Jusqu’à présent, quand tu faisais des confs,
tu étais sollicité que par des gens qui étaient déjà
déconvaincus et qui avaient ce qu’on appelle les pulmous,
les choums-choums ou les…
qui habitent beaucoup en Ardèche, très électrosensibles
et…
intolérant au gluten.
Et donc, du coup, là, le fait de…
J’ai été sollicité il n’y a pas longtemps par tous les
entrepreneurs de la ville de Grasse qui fabriquent des
parfums.
Jamais, jamais, jamais, sur tous les autres sujets, j’avais
été sollicité par ces gens-là.
Donc, voir que tu as des gens qui commencent à…
Alors, eux, ils viennent te chercher sur comment mettre de
la…
Utiliser la robustesse pour faire vivre la performance,
donc ils viennent vraiment chercher là-dessus.
Quand je parlais tout à l’heure de SNCF Voyageurs Grand
Ouest,
c’était vraiment pour niquer ses concurrents.
Et quand on leur dit, ah non, c’est pas ça.
Donc, puisque je suis là, je vais vous expliquer que, petit
un, ça se passe au niveau d’un territoire.
Et en plus, santé commune, s’il n’y a pas santé commune,
c’est pas robustesse.
Oui, mais on vous a pas…
Non, c’est vrai, mais si vous voulez robustesse, c’est ça et
ça.
Donc à moi, c’est comment vous, à Grasse, vous réparez,
vous contribuez à repérer la santé des personnes, des
sociétés, des écosystèmes.
Oui, mais on a des nichoirs à chauves-souris.
Oui, on peut imaginer.
On va faire des nichoirs à insectes.
C’est bien, bon début.
Et les assos qui s’occupent d’environnement dans le coin,
c’est quoi les liens ?
Comment vous discutez ?
Oui, mais moi, c’est d’abord la robustesse de ma structure.
C’est pas ça, la robustesse.
La robustesse,
c’est comment les humains continuent à être sur une planète
viable et à se
régaler, à boire des coups, quoi.
Enfin, pour le formuler de manière un peu prosaïque.
Oui.
Oui.
Oui.
Alors, tout à l’heure, je disais que j’ai démarré Animateur
Nature.
J’ai fait un peu la liste de tous les termes par lesquels je
suis passé.
Moi, ce que je trouve vraiment intéressant dans cette
notion-là, c’est vraiment le petit un,
le fait d’assumer qu’il faut qu’on ringardise notre
ultra-performance.
Ça, c’est un truc qui était, tu vois, il y a plein de gens,
rien que quand tu parles de développement durable, c’est
pour être encore plus,
tu as plein d’entreprises, ils font de la merde, mais
durable, quoi.
Donc, je pense que là,
il y a vraiment le fait de questionner nos fonctionnements
et nos dysfonctionnements,
et de dire à un mot, là il y a un…
Une des personnes qui est dans les démultiplicateurs,
démultiplicatrices,
qui lui a passé une partie de sa vie dans une secte.
Alors c’est pas de sa faute, mais il s’est retrouvé dans une
secte.
Et il dit, moi quand je regarde le monde dans lequel on est
actuellement, de doper à la performance,
je vois un monde sectaire.
Et quand tu commences à critiquer le fait que, bah oui tous
les tableurs,
comment ça s’appelle, les HCERS, bilan HCERS, ça vous cause
des trucs comme ça ?
C’est l’espèce de bilan que tu fais à la fin, où tu dois
faire des justifications du nombre d’heures, de stages,
que personne ne va lire.
Il y a des trucs, c’est comme…
Si, si, si, ok, super.
En tout cas, des fois, on nous demande de faire des trucs.
Grosso modo, ça ne sert à peu près à rien.
Mais puisqu’on fait comme ça, on va tous les ans rajouter
des choses, puis on va changer de logiciel parce que ça va
être vachement mieux.
Et donc on voit bien que ça crée de la souffrance des
personnes, en même temps des sociétés.
Et les écosystèmes, c’est même un impensé.
Du coup, le fait à un moment de dire, où est-ce qu’on a de
la performance mal placée ?
Je ne dis pas que dans la robustesse, on ne dit pas qu’il ne
faut pas de la performance.
Mais très souvent, il y a de la performance mal placée.
Et là, il y a certains labos que j’accompagne, on apprend à
ne plus répondre à certaines demandes.
Et là, c’est…
Oui, mais c’est le chef, c’est le N+,
parce que les sociétés ont commencé à dérailler quand ils
ont parlé en N+.
Et donc, tu vas apprendre à dire à ton N+, que ça,
tu ne vas pas remplir son tableur Excel.
Pourquoi ?
Parce que toi, ton boulot, c’est de faire de la formation,
de la pédagogie.
Et si tu passes ton temps à devoir compiler toutes les
données pour répondre, tu n’as plus le temps de faire ton
vrai métier.
Donc maintenant, qu’est-ce que tu choisis ?
et des fois de dire à l’environnement dans lequel on est
que, allez voir un boulanger tu vas voir un boulanger,
tu dis tu peux me faire du pain mais s’il te plaît dans deux
minutes et sans farine,
il va t’envoyer péter ce qu’on voit actuellement dans les
boulots dits intellectuels moi j’assiste à une
prolétarisation du travail intellectuel et des personnes qui
sont sous l’injonction du N+,
et tu dois tu dois rembourser un billet de train, il faut
que ce soit validé.
Enfin, toi, c’est des trucs, mais tu dis, tu mettrais des
animaux là-dedans,
la SP apporterait plainte et gagnerait.
Donc, nous sommes dans des systèmes de grands malades
mentaux.
Donc, à un moment, c’est comment, à partir du moment où tu
regardes ton monde en disant,
où est-ce qu’on est dans du pathos ?
Et encore une fois, 18% de burn-out, il y a certaines
structures où le taux de burn-out,
c’est hallucinant.
Avec des gens qui n’ont plus envie.
Moi, je vois des gens qui sont des fonctionnaires, qui leur
disent, de toute façon,
ce n’est plus mon problème.
Ils voient tous les dysfonctionnements, mais ce n’est plus
mon problème, ils ont démissionné.
Donc, ils sont là le matin, ils bipent, toute la journée,
c’est encéphale plat, ils font le minimum,
et puis à la fin, ils bipent.
T’imagines, nous sommes des homo sapiens sapiens.
Donc, pour moi, il y a vraiment ce côté-là kick assez
original de dire, regardisons la performance.
Alors, il y a des endroits où il en faut, mais surtout,
autant que faire est aussi peu que possible.
Et la performance, on s’y autorise, mais c’est temporaire et
à durée limitée.
Les pompiers, c’est temporaire et à durée limitée.
Les personnes qui sont pompiers en permanence, c’est
simplement pas possible, tu tiens pas.
Et donc, je pense qu’on est un peu dans cette même
logique-là.
Donc, moi, il y a vraiment ce côté-là.
Et le dernier élément que je trouve vraiment original,
c’est de relier le côté analysons,
le côté fluctuation et santé commune.
C’est-à-dire que bien souvent, ce côté santé, on a
saucissonné,
nous on s’occupe de la santé des sociétés.
Moi, c’est plutôt la biodiversité.
Non, ces trois santé-là sont reliées et indissociables.
Et là, quand tu dis, un projet au XXIe siècle doit réparer
ça, quand tu dis université,
moi quand je vais dans des chères universités, cette
formation-là,
comment elle contribue à réparer ?
Ce n’est pas une question.
Au XXe siècle, ce n’est plus une question.
question.
Comment faire pour que ça contribue à réparer ?
Ah ben, du coup, tu vas faire peut-être des projets
impliqués, et là,
tu t’aperçois que ça redonne du sens.
Alors, petit 1 à l’université, on discutait sur si
effectivement l’université ne se bouge pas la nouille.
Je pense que d’ici peu de temps…
Moi les moments les plus fabuleux que j’ai vu, c’est quand à
Montpellier,
les universitaires ont fait grève et ont fait des cours sur
la place de la comédie.
Là on avait des passants qui s’arrêtaient et tu voyais
qu’ils buvaient les cours.
Alors t’as les étudiants qui étaient là, c’est obligé d’être
sérieux parce que…
mais ils étaient regardés, mais tu avais la cité, la cité
qui était là, et qui…
Et donc, on arrête de faire grève, et les gens disent, mais
continuez de faire grève !
Et donc ce qu’on voit, c’est que les universités, moi je
vois l’université de Marseille, là, je travaille assez
souvent là-bas,
maintenant tu as un portique pour rentrer dans l’université,
et toi l’accès…
c’est au savoir.
Tu as des vigiles.
Donc oui, on a encapsulé la connaissance.
Le fait de dire, comment du coup le savoir ressort, comment
ce que font les étudiants se ressort,
comment une fois qu’ils sont sortis, il y a interaction, ce
côté porosité, ce côté flux,
ça c’est un élément que je trouve intéressant dans la notion
de robustesse et qui reconvoque un peu les…
Et c’est pour ça que je pense que les gens finissent des…
Allez, pause.
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