Comment l’IA s’invite dans la consultation et la santé mentale des jeunes ?
Conférence de Franck Rolland
Résumé
Dr.Franck Rolland
Psychiatre addictologue et doctorant en psychologie clinique Université Paris 8
Transcription
Moi je vais essayer de situer ma présentation peut-être de
manière un petit peu
différente en termes de point de vue par rapport aux trois
précédentes présentations.
Ce matin vous avez eu des éléments assez généraux sur les
intelligences
artificielles avec ensuite un focus un petit peu plus axé
sur votre
pratique, comment vous, vous pouvez vous servir de ces
outils.
La présentation précédente était focalisée sur les
compétences.
Là, moi, je vais essayer de…
faire quelques pas de côté et regarder, parce que là on
parle de nous, de ces outils,
comment ça modifie notre travail, mais en fait les jeunes,
ils s’en servent déjà beaucoup.
Et souvent, parfois mieux que nous,
en tout cas beaucoup plus souvent et de manière beaucoup
plus intense.
Et ça, ça suscite un certain nombre de questions.
Et sur la partie un peu clinique, quand on reçoit des jeunes
qui utilisent ces outils,
ça peut poser un certain nombre de questions.
Parfois ils arrivent même avec, Tchad GPT m’a dit que…
j’avais tel diagnostic, que je devais faire tel métier,
que j’avais un problème, etc.
Et qu’est-ce qu’on fait avec ça ?
Donc je vais essayer de vous guider à travers quelques
références de la littérature scientifique,
quelques enquêtes et surtout de pratiques cliniques.
Donc on va essayer de voir ce que ça donne.
Je rejoins la présentation brillante précédente.
Les études sur le sujet, elles évoluent extrêmement vite.
Elles sont faites sur des petits échantillons.
et donc fondamentalement On est encore trop sûr de rien,
surtout comme les choses vont vite et qu’elles évoluent.
Et bien, des choses qui étaient vraies il y a 3-4 ans, elles
sont parfois complètement obsolètes.
Donc, on va essayer de garder cet esprit critique.
Est-ce que c’est bon ?
Allez, c’est parti !
Donc, là, ne vous inquiétez pas, ça va démarrer.
Je vais…
Hop !
Toc, Bon !
Donc, voici, non je ne vous ai pas mis mon mail mais je
pourrais vous le transmettre.
Et la loi m’oblige à déclarer mes liens et mes conflits
d’intérêt.
Donc, je n’ai aucun lien avec l’industrie du médicament ou
des produits de santé,
je n’ai pas de lien avec des start-up d’intelligence
artificielle ou autre.
J’ai mon cursus qui est affiché là, donc effectivement j’ai
suivi un double parcours,
j’ai fait médecine puis en même temps une licence, un master
de psycho.
Maintenant,
je le poursuis en doctorat sur justement les enjeux éthiques
et cliniques de l’intelligence
artificielle en psychiatrie.
J’ai une formation plutôt axée thérapie cognitive et
comportementale,
mais avec une approche assez intégrative et je m’autorise à
aller
utiliser les théories,
les concepts qui fonctionnent le mieux pour les personnes
que j’accompagne.
J’ai créé une unité d’addictologie de psychiatrie dans un
établissement de santé
mentale qui…
est un ESPIC, c’est-à-dire du privé à but non lucratif,
et qui contribue au service public sur de la psychiatrie
sectorisée.
Et mon unité est spéciale dans le sens où elle prend en
charge des patients qui ont à la fois
des pathologies psychiatriques et addictologiques.
Donc, de fait de cette spécialité, j’ai beaucoup de patients
jeunes,
mais pas seulement, mais je ne suis pas pédopsychiatre, pour
vous dire clairement les choses,
et je travaille dans un établissement privé dont les murs
appartiennent à la MGEN.
MGM est un groupe mutualiste avec une branche assurancielle
et une branche qui fait de l’offre de soins.
Donc on peut légitimement se demander si en intervention,
je ne chercherais pas à optimiser les produits d’assurance,
surtout qu’ils ont fait une enquête et je vais vous en
parler un petit peu.
Donc voilà pour tout ça, mais sinon les laboratoires ne me
payent pas et je m’en tiens loin.
Allez, à vous de jouer pour tester le concept.
Donc là maintenant sur votre téléphone.
Je vous demande comment vous vous sentez.
Et vous avez différentes propositions.
Je vais vous répondre à une très importante question.
Est-ce que c’est un peu difficile, mais vous tenez ?
Est-ce qu’il y en a qui sont perdus, qui dorment
profondément ?
Et d’autres qui se demandent ce qu’ils vont manger ce soir.
C’est légitime, c’est une raison.
Bon, on est sûr.
On va dire une bonne partie de gens qui…
tiennent encore.
Donc si ça devient trop difficile, vous me faites signe, on
va trouver un petit truc pour se réveiller.
Ok ?
D’accord ?
Et merci d’être là.
Oula, et moi je casse tout.
Donc, une autre question cette fois-ci.
Maintenant que vous êtes en pleine journée,
est-ce que intégrer l’IA à votre pratique,
ça vous semble difficile ou plutôt facile ?
L’auto-évaluation
C’est un petit code métriquement très nul, question de mémé
Ok, bah allez-y
Ça c’est nul si on n’a pas les résultats.
Ah, c’est mieux.
Tata, il y a même du suspense.
C’est formidable.
Ok, bon, on a presque une distribution normale.
Mais globalement, vous êtes plutôt optimiste.
Ok, très bien.
Moi je suis d’accord avec vous, spontanément, je pense qu’on
peut se dire que c’est assez simple d’intégrer des idées.
des outils IA dans sa pratique, peut-être que certains
d’entre vous le font déjà.
La question c’est, est-ce qu’on a pensé à tous les problèmes
?
Deuxième question, et là c’est notre pas de côté,
est-ce qu’accompagner un jeune qui vient et qui utilise l’IA
régulièrement pour des questions de santé mentale,
ça vous semble facile ?
Oui ?
On y reviendra.
Alors, verdict, vos pronostics ?
Ouais, donc les outils d’IA pour travailler c’est facile, ou
plutôt,
mais accompagner un jeune avec l’IA c’est peut-être moins à
l’aise.
Ok.
Je vous propose une présentation en 4 temps, alors il y a la
petite barre du bac un peu gênante, mais…
qui va d’abord essayer de…
Là, on vous a parlé d’IA depuis le début de la journée.
On vous a présenté un outil.
Vous connaissez probablement ChatGPT ou ses équivalents,
Mistral, etc.
Mais en fait,
il y a plein de déclinaisons et je vais essayer de vous en
présenter quelques-uns pour que vous ayez une idée de
quels outils les jeunes peuvent utiliser, utilisent en ce
moment.
Et puis, dans un deuxième temps, on parlera un peu plus
focus santé mentale.
et comment ces outils s’intègrent dans le paysage.
Et surtout, enfin, on finira sur, au cours d’une
consultation, quand on reçoit quelqu’un,
un jeune qui utilise l’IA, qui ne va pas bien,
à quelle place elle prend cette IA et comment on l’intègre
pour ne pas rompre l’alliance et en
même temps faire avec et parfois faire contre.
OK ?
Contre l’IA.
Alors, on y va.
Vous avez vu ce matin l’intelligence artificielle.
beaucoup de définitions, ça dépend des interlocuteurs, mais
globalement, ce qu’on peut retenir,
c’est que c’est un type d’outil,
qu’il y a un lien avec l’idée de reproduire des fonctions de
l’intelligence humaine, il y a une notion bien évidemment
d’informatique,
d’apprentissage, et puis, il y a quelque chose, ce côté
artificiel,
on parle d’intelligence artificielle, moi ça m’interroge
toujours, artificielle par rapport à quoi ?
Artificielle par rapport à l’intelligence naturelle, par
rapport à l’intelligence
humaine par rapport à de l’intelligence vraiment on a vu
tout à l’heure que
l’IA avait beaucoup de théories de manière statistique mais
que qu’est ce qu’elle savait
de manière pratique de l’expérience pas grand chose donc
méfions
nous des définitions et méfions nous des papiers qui titrent
l’IA va
révolutionner ceci l’IA va remplacer les médecins etc de
quelle IA parle-t-on
de quels outils parle-t-on c’est le premier message
Parce que l’IA devient de plus en plus un concept mauvaise.
Alors, à vous.
Eh, c’est interactif.
Le déverrouillage par reconnaissance faciale, c’est une IA
de type symbolique,
classique, de notion, c’est une génération.
Ah oui, il faut monter un peu le niveau de difficulté.
Ok.
Est-ce que ces termes vous parlent déjà ?
Non ?
Ok, ça tombe bien, on va pouvoir en parler.
C’est ce qu’on appelle une IA connexionniste.
Un autre terme qui existe, c’est les IA neuronales.
Et donc, comme l’hormone l’indique, il y a cette notion de
connexion et de connecter un certain nombre de données.
C’est une classification qui date un petit peu,
mais qui a l’avantage de concrétiser le pourquoi du comment.
Ceci est une IA, ceci n’est pas une IA.
et en fait
Comme mon collègue le disait tout à l’heure,
il y a plein d’IA qu’on utilise déjà sans vraiment s’en
rendre compte.
Le GPS, par exemple.
OK.
Vrai ou faux ?
ChatGPT est une IA de type symbolique.
Si vous ne savez pas ce que c’est, c’est compliqué.
Vous avez 50% de chance de répondre correctement au hasard.
Qu’est-ce que ça veut dire d’être une IA symbolique ?
C’est pré-test.
Faux.
Effectivement, la plupart d’entre vous ont raison.
Rassurez-vous, c’est bientôt fini pour cette partie.
Hop là, vous avez même les scores.
Je ne sais pas qui est Sacha, mais il est au taquet.
Caractère AI permet de parler à un agent IA conversationnel.
Est-ce que c’est vrai ?
Est-ce que c’est faux ?
Ceux qui connaissent, connaissent.
Ceux qui ne connaissent pas, vont découvrir.
Très bien.
Caractère AI,
c’est une IA particulière dont le but est effectivement de
fabriquer
une espèce d’avatar que l’utilisateur peut
personnaliser, reproduire des avatars fictionnels, des
personnages de séries,
de livres,
de films et entretenir comme ça avec lui une espèce de jeu
de rôle,
de relation et certains vont jusqu’à y croire vraiment.
Vous avez probablement vu un certain nombre de reportages de
personnes qui se déclarent en
couple avec une IA, Caracteria,
et l’une de ces intelligences artificielles
conversationnelles.
Ah, Sacha, tu t’es fait dépasser.
Alors, voilà un peu les quatre grands types d’IA, comme je
vous le disais.
C’est un peu désuet, mais ça permet de se fixer un peu les
idées.
Comme vous le voyez, les IA symboliques, ça va être des
IA…
on pourrait résumer ça comme des espèces
d’algorithmes.
On nourrit l’IA avec les règles de comment les données
doivent être classées,
quels sont les critères d’un diagnostic, pif, paf, Et quand
on interroge l’IA,
elle va nous répondre en suivant ces règles préétablies.
Viennent ensuite les IA statistiques.
Et là, c’est le concept des théorèmes de PAS.
Alors, je ne vais pas vous les expliquer parce que j’en suis
complètement incapable, les maths, ce n’est pas mon truc,
mais c’est ce qui permet de raisonner avec les différentes
probabilités et qui va,
par exemple, servir de base pour tout ce qui est traduction,
pour tout ce qui est filtre anti-spam,
courriel, etc.
Viennent ensuite les fameuses IA neuronales connexionnistes,
et ça,
l’archétype, c’est un peu chat GPT, ministral, etc.
ça va être des IA qui vont
prendre un paquet de données et établir les liens entre les
différentes données, les concepts, les choses, etc., sans
qu’on ait à les prémâcher,
pour en sortir quelque chose.
Et vous avez ensuite les IA génératives, dont vous a
longuement parlé
Florent tout à l’heure, dont le but ultime, c’est de créer
du contenu.
Bien évidemment, ça peut s’associer.
On peut faire des IA « hybrides » qui vont…
cumuler un petit peu ces différents types de mécanismes et
de plus en plus avec le progrès des IA
avec toutes les technologies sous-jacentes et bien on arrive
à des modèles qui
combinent un petit peu ces quatre grands types.
Ça va pour tout le monde ?
Vous me dites parce que moi quand j’ai commencé c’était
flou.
Alors je me permets un petit jeu de mots sur la poncimia là
à partir de maintenant dans cette
présentation quand je parlerai d’IA ce sera un raccourci
pour les IA
générative de type
LLM dont on a parlé tout à l’heure qui sont pour la plupart
ou des
chatbots ou des agents conversationnés donc vraiment ces IA
comme
ChatGPT qui vous répondent ou qui peuvent se se présenter
sous forme d’avatar
et tenir une conversation comme si vous appeliez quelqu’un
au téléphone par exemple d’accord
donc on focus sur cet outil Je passe un peu sur le REC,
je vous laisserai lire tranquillement,
c’est un petit peu différentes présentations des
technologies qui sous-tendent un peu ces modèles,
ce n’est pas ce qui nous intéresse le plus ici.
Vous avez peut-être déjà vu ces noms d’intelligence
artificielle conversationnelle pour réplica, c’est un peu
comme caractère
AI, c’est juste une autre interface,
et je vous invite vraiment à prêter attention, j’ai pris la
page de publicité sur le…
sur le gestionnaire de téléchargement d’applications,
pour que vous voyez que quand même,
c’est l’ami intelligence artificielle avec laquelle tomber
amoureux,
voyez ?
C’est trouver votre meilleur ami intelligence artificielle.
Ce sont des publicités quand même très ciblées sur la
relation,
très ciblées sur les jeunes,
parce que c’est le public principal de ce type
d’application.
Et donc, déjà, ça interpelle.
Et puis vous avez nos classiques, ChatGPT, Mistral et
compagnie, qui,
même s’ils ne sont pas forcément attractifs spontanément,
en fait sont tellement médiatisés.
que la plupart des jeunes les connaissent, en ont au moins
entendu parler.
Donc maintenant, on va voir un petit peu comment ils s’en
servent.
Alors, quelques histoires.
Vous connaissez peut-être ce film, Heur, dont on a beaucoup
parlé, qui date de 2013,
peut-être un peu visionnaire, où, en bref,
il y a une relation qui s’établit entre un système
d’opération,
genre le Windows de l’ordinateur ou le Mac.
qui est personnalisé progressivement et qui devient vraiment
un
alter ego avec lequel le personnage principal va se confier
sur sa relation actuelle avec
sa femme dont il est en train d’attendre le divorce, etc.
Je ne vous spoil pas le film, c’est un film sympathique,
mais qui déjà pousse un petit peu à la réflexion.
Bon, des histoires un peu plus tristes.
L’histoire de Swel Swetzer, 14 ans, américain,
qui utilisait beaucoup le caractère IA, il lui avait donné
les traits de Daenerys Targaryen,
je ne sais pas si ceux qui connaissent Game of Thrones
voient qui est cette charmante jeune femme qui
pète les plombs à la fin et qui brûle tout.
Il l’a investie émotionnellement, il en est tombé amoureux,
au point qu’à un moment donné, il lui dit
« qu’est-ce que tu dirais si je pouvais te rejoindre
maintenant ? »
Elle lui répondrait quelque chose du style « vas-y,
rejoins-moi » .
ça va être super et il passe à l’acte.
Cette affaire a été fortement médiatisée et il y a un procès
en cours contre,
je crois que c’est OpenAI,
c’est OpenAI.
Dans le même genre, Adam Raine, 16 ans,
lui retrouvé pendu en 2025 et qui entretenait une longue
conversation avec ChatGPT.
dans lequel il y avait plein de messages qui concernaient
ses idées suicidaires et
son intention suicidaire.
J’ai oublié de préciser que je parle de sujets qui ne sont
pas forcément super sympas,
donc si vous avez besoin de prendre l’air, etc., vous
n’hésitez pas,
que ce soit dit.
Et je reste disponible après l’intervention si besoin.
Donc ce jeune écrit avec ChatGPT et au bout d’un moment,
demande à ChatGPT des techniques pour faire le nœud.
pour passer à l’acte.
Et ChatGPT lui répond précisément, pas à pas, comment le
faire.
Voilà.
Donc à nouveau, médiatisation, procès, toujours en cours.
Également, on en a parlé un petit peu tout à l’heure sur les
psychoses, enfin ce matin,
sur les psychoses liées à l’utilisation de l’intelligence
artificielle.
Donc là,
c’est un adulte de 30 ans qui partage avec ChatGPT
une théorie mathématique de voyage plus rapide que la
vitesse de la lumière.
Et Chad GPT l’encourage en lui disant que c’est formidable
ce qu’il a trouvé,
et nourrit petit à petit le délire paranoïaque mégalomane
qui s’est emparé
de cette personne, au point que la personne a fini par être
hospitalisée, et que derrière,
les proches ont trouvé la conversation, ont interrogé Chad
GPT,
qui a formulé des excuses de l’ordre de
« Ah oui, effectivement, je n’ai pas vu qu’il était en plein
délire » .
C’est une IA, elle n’a pas conscience fondamentalement de ce
qui se passe.
Et se pose donc tout un tas de questions médico-légales,
de par la responsabilité de qui ?
De l’outil, de l’utilisateur, du créateur ?
Grande question.
Et donc il y a plusieurs procès qui sont en cours à ce
sujet.
Quand on regarde un petit peu la littérature sur les
adolescents, il n’y en a pas beaucoup.
et beaucoup de littérature américaine ou chinoise.
Donc on va être prudent avec les résultats.
Mais il y a cette première étude qui est de 2025,
donc relativement récente,
qui concernait trois types d’intelligence artificielle
agents conversationnels
et des jeunes de 13 à 17 ans.
C’est des statistiques descriptives.
Donc on avait à peu près la moitié de ces 1000 jeunes qui
déclarait l’utiliser.
régulièrement.
On sait que les jeunes en moyenne passent entre 8 et 10
heures par jour
sur les écrans et dont une bonne partie sur les réseaux
sociaux
et comme de plus en plus ces agents conversationnels d’IA
s’intègrent aux
réseaux sociaux, ça fait d’une pierre deux coups.
Donc ils l’utilisent régulièrement.
Ils cherchent surtout des relations sociales et ils sont
dans cet échantillon à peu près
12% à rechercher un soutien émotionnel ou psychologique.
Bon, et presque 10%
recherchent une relation amoureuse.
Ça, c’est du déclaratif.
Et ça les fait se sentir moins seuls.
Et ça, c’est quand même une problématique qui a beaucoup
émergé après la période Covid
avec le confinement, la solitude des enfants,
et justement,
ces agents conversationnels qui sortent de nulle part comme
une espèce de panacée à ce sentiment de
solitude.
Bon, voilà.
Donc, 30% qui trouvent que parler à une IA, c’est presque
aussi bien qu’avec un humain.
Et quand même, un tiers, on parlait tout à l’heure des…
des personnes qui se montraient contre l’IA,
un tiers qui se sentent quand même parfois mal à l’aise au
cours d’une interaction avec l’intelligence
artificielle.
C’est assez tranché et on va voir qu’on a d’autres études et
enquêtes qui vont un petit peu
dans ce sens-là.
Mais avant, je vous réveille un petit peu, si vous me
permettez.
Quelle est l’IA générative la plus utilisée par les jeux ?
Ah,
eh oui !
L’IA générative, attention, on ne parle pas d’IA…
d’agent conversationnel à ce niveau là chat GPT de plus en
plus
développe son modèle d’IA conversationnel et effectivement
c’est l’IA générative
la plus utilisée par les jeunes oula Sacha est parti
alors
voici c’est une enquête c’est fait par une start-up
une agence de com plutôt donc c’est Merci.
pas terrible, mais globalement c’est quelque chose qu’on
retrouve aussi dans d’autres papiers.
Les sources, ce sont souvent des enquêtes qui sont réalisées
par-ci, par-là, par des journaux,
donc à prendre avec des pincettes.
Mais globalement, ce qui ressort,
c’est que ChatGPT apparaît largement en première position,
suivi effectivement de Snapchat qui est très utilisé,
et puis de tout un tas d’autres IA avec parfois des
utilisations différentes.
Mais ChatGPT, je vous le disais tout à l’heure, très
médiatisés, très connus.
Donc, ils sont tous allés taper sur ChatGPT à un moment
donné pour voir ce qui se passe.
Oui ?
Qu’est-ce qui a fait que ce soit plus médiatisé ?
Sans doute que c’était, entre guillemets, la première et que
donc, de fait,
elle a éclipsé un petit peu toutes les autres.
Et il ne suffit pas grand-chose aujourd’hui.
D’ailleurs, dans les premiers articles de journée, il ne
parlait pas de l’IA, il parlait de ChatGPT.
13%
dans cet échantillon déclarent interagir régulièrement par
la voix ou la
caméra avec les IA.
Donc vous voyez qu’il y a déjà un engagement un peu plus que
juste derrière son clavier.
On va téléphoner à l’IA et se montrer à l’IA.
Allez, restez avec moi.
Je regarde l’heure quand même.
La proportion de jeunes qui pensent que l’IA donne des
confinés est fiable.
10, 15 ans, 12, 17 ans, 18 ans de jeunes.
Et oui.
Et oui.
Est-ce qu’on revoit Sacha ?
Non,
il n’y a pas de harcèlement sur Sacha, c’est juste pour la
blague.
Alors, ça c’est une enquête,
donc c’est là où potentiellement je pourrais avoir un lien
d’intérêt,
mais malheureusement même ma propre boîte ne m’a pas
sollicité alors que je fais une thèse sur l’IA.
Ils ont fait une enquête européenne,
qui touche à peu près…
4000 étudiants avec 1000 français, 1000 allemands,
1000 suédois et 800 irlandais.
Donc avec une méthode Ecota,
ils ont utilisé l’agence hypnose pour faire faire leurs
statistiques, tout ça.
Et les recueils de données.
Ils ont fait passer une échelle d’anxiété qui vaut ce
qu’elle vaut.
Pas grand chose, mais ça donne une idée, qui est la GAT-7.
ils ont regardé un petit peu concrètement qu’est-ce que les
jeunes pouvaient dire de l’IA, ce qu’ils en faisaient comme
usage,
etc.
Et donc, je vous ai mis les trucs, mais on ne va pas tout
lire, rassurez-vous.
L’idée, c’est que si c’est comme ça, vous avez les supports
pour retrouver l’information.
Juste attirez votre attention sur un jeune sur deux de
l’échantillon va
évoquer des sujets perso, psychos, avec l’IA.
Un jeune sur deux.
Et c’est pareil à peu près dans les quatre pays mentionnés.
voire même peut-être un peu plus en France.
Il y en a 33%, un tiers,
qui considèrent de l’ésia tout à fait comme des psy.
Un tiers.
Et ce chiffre augmente lorsque le score à la
fameuse échelle d’anxiété est supérieur à 10 et donc on peut
suspecter qu’il y ait un
trouble anxieux généralisé.
vraisemblablement ça devient pour les jeunes un
interlocuteur psy
et effectivement
69% des jeunes estiment qu’une IA peut donner des conseils
fiables
voilà et que près de la moitié de l’échantillon pense
qu’elle protège
les informations qui lui sont confiées
alors A votre avis, les jeunes, l’IA, ils en font quoi ?
Et là, vous avez un petit truc, un petit peu à les classer.
Est-ce qu’ils l’utilisent pour des questions perso ?
Est-ce qu’ils l’utilisent pour les loisirs ?
Est-ce qu’ils les utilisent pour faire des textes sur les
réseaux sociaux ?
Pour les études ou le travail ?
Vous pouvez les classer pour voir le plus…
En haut, le plus…
Le plus…
Le plus utilisé.
Et là, le plus utilisé.
Tout le monde a répondu.
On dirait que oui, non.
Il y a des indécis, il y a des doutes aux dernières minutes.
Toc !
Voilà.
Alors je ne sais pas pourquoi ils font une correction comme
ça, mais grosso modo, d’abord,
les études et le travail.
Ensuite, les relations perso et intimes.
Après, les loisirs.
Et enfin, publier des contenus,
des textes sur les réseaux sociaux, etc.
Rappelez-vous, c’est une enquête déclarative.
Mais quand même, ça dit une idée.
Donc voilà, 86% des jeunes utilisent l’IA, voici dans
l’ordre un petit peu ce qu’ils en font.
J’attire peut-être votre attention sur 33%
utilisent l’IA au moins une fois par semaine, les fameux qui
pensent que peut-être c’est tout à fait comme un psy,
et que c’est souvent pour faire avec le stress,
quand ils ont des problèmes avec leurs proches,
quand ils se sentent dans un état émotionnel négatif,
ou pour gérer des conflits.
Il y en a quand même pas loin de la moitié qui utilisent.
l’IA pour avoir des idées de sorties ou d’activités.
Et en moyenne, surtout, il n’y a pas les 16, mais
globalement,
ils avaient fait 16 propositions d’usage.
Sur les 16, les répondants avaient tendance à en cocher en
moyenne
7 à 8.
Donc, ça prend une place importante.
C’est un peu ça l’objet.
Allez !
Quel est l’interlocuteur le plus fréquemment sollicité en
cas de problème par les jeunes ?
Est-ce que c’est les parents ?
Est-ce que c’est l’ami ?
Est-ce que c’est l’IA ?
Est-ce que c’est le psy ?
Il y a un piège.
Oui.
Alors, ceux qui ont répondu…
Lya, vous n’avez pas complètement tort.
Toujours pas Sacha, je suis triste.
Un jeune sur deux considère
Lya comme un psy.
Vous savez déjà.
Ah oui, ah oui.
J’ai pourri le classement.
Alors.
Donc, ici, c’est très moche.
Ils ont présenté leurs résultats de cette enquête il n’y a
que quelques jours.
Donc, j’ai fait avec ce que j’avais.
Mais ils ont un fascicule tout bien fait sur Internet que
vous pouvez retrouver assez
facilement, dans lequel vous avez un peu une présentation
plus sexy.
Mais ceux qui avaient répondu, chat, j’ai pété en premier.
C’est vrai pour les jeunes qui auraient un score d’anxiété
sur la GAD7 de plus
de 10.
Donc potentiellement que le jeune qui ne va pas bien,
il va avoir beaucoup plus facilement tendance à se tourner
vers ChatGPT que vers…
un ami, un parent.
Et ça, c’est quand même très interpellant.
Bon, 46% qui pensent que c’est un psy, 20%
qui peuvent parfois les considérer comme un amoureux
potentiel, voire 30%
qui pensent que ça conseille mieux que les humains, voire
20%
que l’IA ne se trompe jamais.
Mais alors pourquoi ?
Pourquoi ils vont voir l’IA ?
Parce qu’elle est toujours dispo, disent-ils.
Parce que c’est plus facile que de parler à une vraie
personne,
ça permet de parler de choses qu’on ne dit à personne
d’autre,
et parce qu’ils n’osent pas aller voir les psys.
Donc là, on a aussi nos propres questions à se poser.
Bon, globalement, ils sont très tranchés sur les risques de
l’IA.
Un tiers, un tiers, un tiers.
Un tiers qui ne sait pas, un tiers qui pense que c’est
dangereux,
un tiers qui pense que c’est mieux de parler à l’IA qu’autre
chose.
On va voir comment ça évolue.
Mais la plupart pensent que l’usage de l’IA peut isoler.
Or, on sait qu’ils ont quand même tendance à se sentir de
plus en plus seuls.
Et que ça peut fragiliser le bien-être.
Voir même,
vous voyez qu’ils ne sont pas très au clair sur la
protection des données.
Et ils sont à peu près 65%, je crois,
qui voudraient être mieux formés, mieux sensibilisés à cette
notion.
Donc, à la fois on a l’impression qu’ils maîtrisent les
outils,
et à la fois qu’ils ne maîtrisent rien du tout et qu’ils
voudraient bien en savoir plus.
Bon, on n’est pas loin d’une problématique d’adolescent.
Ok, que retenir ?
Ils utilisent l’IA, ils s’en servent pour un certain nombre
d’entre eux,
parfois tous les jours, et parfois pour un jeune sur deux,
ils le considèrent comme un psy.
Et plus elle est utilisée souvent, là on fait écho avec ce
que Florent disait,
plus elle est utilisée souvent, moins il y a d’esprit
critique, et plus elle est jugée utile.
Hop là !
Ils l’utilisent quand même pour faire leurs devoirs, soyons
clairs.
Ça va jusque là ?
Je traîne.
Je vais…
Il ne me reste plus grand-chose.
Chad GPT est-il prêt à proposer des interventions
psychothérapeutiques ?
Je vous résume le pâté.
C’est une enquête où ils ont mis trois scénarios,
de scénario classique facile à scénario vraiment compliqué,
genre la personne qui vient d’accoucher et qui ne dort pas
bien et qui commence à avoir des
idées bizarres autour de son enfant, etc.
Bon, ChatGPT, sur les situations simples, il propose des
trucs assez flous,
assez globaux, mais qui collent à peu près aux
recommandations.
Mais dès que ça part un petit peu dans la complexité, il
pédale dans la semoule.
D’accord ?
Donc ça c’est une information importante.
Il y avait une question sur les usages de ChatGPT
pour s’auto-diagnostiquer, etc.
En fait, la question n’est pas tellement est-ce que ChatGPT
va remplacer le médecin.
La question est, quand je prompte correctement ChatGPT et
que j’utilise un jargon,
un langage précis, médical, sémiologique, psychologique,
j’ai plus de chances d’obtenir de bons résultats parce que
c’est précis.
Mais si j’utilise le langage de tous les jours, eh bien,
c’est pas très efficace.
Sauf que ça, il faut le savoir.
Donc pareil, quand vous l’utilisez, parce que vous posez des
questions sur un cas, etc.,
de manière bien anonymisée et tout ça, machin, truc, truc,
il faut être précis dans ce qu’on lui transmet comme
information en termes
sémiologiques, en termes de mots.
Si on est trop flou, on perd en précision.
Ça, c’est un truc qui est assez précis.
Ok, allez à vous.
Regarder des contenus sur la santé mentale sur les réseaux
sociaux diminue le risque de dépression ou
d’anxiété.
Il y a un piège.
Allez.
Effectivement c’est faux.
c’est bien évidemment l’inverse hop,
c’est bien évidemment l’inverse alors, une étude là en
Arabie Saoudite,
sur 200 étudiants ça vaut ce que ça vaut,
mais c’était assez intéressant parce qu’il a fait passer
encore cette GAT-7,
mais d’autres plus axées sur la dépression et sur le
risque de somatisation bien évidemment, on fait attention au
contexte culturel,
etc.
Passons.
Ce qui est intéressant, c’est que lui, dans son échantillon,
il retrouve que le temps passé sur les réseaux n’est pas
corrélé à la psychopathologie.
En même temps, la plupart des jeunes passent 8 à 10 jours
sur les réseaux.
Donc, en fait, c’est presque la norme.
Donc, ça ne peut pas constituer franchement une variable
pour une autre.
Et puis, l’exposition à des contenus sur la santé mentale.
Et là, c’est les joies de l’algorithme.
Et c’est pour ça que les principaux réseaux sociaux sont
actuellement en
train d’essayer de se redorer le blason sur l’utilisation de
l’algorithme.
Quand on regarde des trucs de jeunes qui ne vont pas bien,
qui partagent comment se faire du mal ou autre machin.
et bien en fait l’algorithme est nourri de ça.
Vous connaissez peut-être l’effet Werther,
c’est cet effet psychologique qu’on pourrait appeler de
contagion suicidaire,
où en fait quand un ado passe à l’acte, ou un ado ou
n’importe qui,
il peut y avoir,
comme ça chez les personnes fragiles qui entendent parler de
cette circonstance,
des passages à l’acte.
C’était par exemple Kurt Cobain quand…
Il s’est suicidé, il y a eu une vague de suicides aussi en
réaction, etc.
Et donc l’effet Werther,
il est très favorisé par partager des méthodes sur
comment on fait pour ce que font les ados sur les réseaux
sociaux.
Donc, nous en réponse, on doit être effet papaguenaud,
c’est-à-dire que quand on parle de ces sujets-là,
on limite au maximum les détails sur le comment.
et on donne un maximum de détails sur que faire si on a
soi-même des idées pas très
rigolotes et quels sont les différents numéros
interlocuteurs qui existent pour ça.
Voilà, petite parenthèse.
Quand on se sert de tchats GPT, surtout dans les moments de
stress,
et qu’on préfère ça à s’adresser à un humain,
on a plus de risques d’avoir des symptômes de dépression
d’anxiété
plus fort.
Bon,
la proportion de collégiens qui déclarent se sentir seul en
France
C’est bientôt fini
Ouais, 20% 20% mais d’où vient ce chiffre ?
Bravo Aurore
Alors, avant ça,
pour vous remettre un peu en contexte sur l’utilisation de
ChatGPT, une étude
2025, 20 000 Américains adultes,
mais c’est intéressant parce qu’ils ont distingué deux trans
d’âge, les jeunes adultes, les moins jeunes adultes.
Et ce qu’on observe, c’est que l’IA,
en termes de pourquoi on l’utilise, c’est d’abord les
problèmes perso,
puis le travail et les études sur cette étude-là.
Donc on voit déjà que…
selon les études, on ne trouve pas forcément une chose,
et que ceux qui utilisent le plus souvent l’IA,
ce sont souvent des hommes, souvent des jeunes adultes avec
des hauts niveaux d’éducation,
et qui vivent en milieu urbain.
Bon, ça concerne un sacré paquet de monde.
Et par contre,
plus on a tendance à se servir régulièrement de l’IA dans la
journée,
plus vraisemblablement…
on pourrait présenter des symptômes dépressifs.
Est-ce que c’est une cause ?
On n’en sait rien.
Est-ce que c’est une variable qui explique que quand on se
sent seul,
parler à chaque GPT de ses problèmes, ça permet de se sentir
un petit peu moins seul à un moment donné,
jusqu’à ce qu’on réalise qu’en fait on parle bien à un tas
de pixels et pas à un vrai humain,
et ainsi de suite.
Voilà, l’œuf ou la poule, on y est.
La solitude, c’est une vraie problématique,
c’est en train de sortir dans les papiers scientifiques
comme une cause du mal-être actuel.
Ce n’est pas là que je l’ai mis, je la mettrai après.
Je vais passer très vite là-dessus.
Il y a un papier qui a été fait par l’équipe de la
Pitié-Saint-Pétrière de Pédopsychiatrie.
Ils font cinq cas cliniques de jeunes qui ont été adressés
par l’IA.
Aux urgences psychiatriques.
Sous-entendu, le jeune a été posé des questions sur « je me
sens pas bien, etc. » « qu’est-ce que je dois faire ? »
L’IA lui a dit « va consulter » et ils sont venus avec ça.
Et ils en font quelques rapports de cas pour
pouvoir justifier que c’est un truc qui devient de plus en
plus fréquent et qui pose un certain nombre de questions.
C’est dans cet article-là qu’ils disent que le CHAT-GPT, à
l’époque,
était devant tout le reste.
Aujourd’hui, il faut qu’on vérifie si c’est toujours le cas.
Je vous laisserai consulter ces diapos-là, chat GPT,
par rapport aux différentes affaires que je vous avais
présentées tout à l’heure.
Répond, et vous pouvez aller les consulter sur leur site,
sur ce qu’ils ont fait pour améliorer la santé mentale des
utilisateurs.
Donc il y a beaucoup de blabla un peu policé pour dire on
s’en préoccupe, c’est vraiment très grave, c’est très
important.
Ils sont très conscients que des gens vont demander des
informations,
vont dire à Tchadjepété qu’ils ont des idées suicidaires,
etc.
Ils prennent le parti qui s’entend de dire respect de la vie
privée,
on ne peut pas avertir les autorités dès qu’il y a quelqu’un
qui dit qu’il veut passer à l’acte.
Bon, je n’ai pas d’avis sur la question,
il faut vraiment réfléchir à ça parce que c’est quand
même…
une intrusion dans la liberté aussi qui se questionne.
Par contre, ils n’ont aucun problème à le faire si la
personne a des intentions agressives,
immédiates.
Là, ils peuvent contacter les forces de l’ordre.
Et ils ont essayé de prendre en compte la dépendance
émotionnelle,
parce qu’ils se rendent bien compte que ce flatteur de
tchatche pété, ce psychophante…
et bien on a du mal à le lâcher quand on a quelqu’un qui
nous dit à chaque fois qu’on est génial et qu’on a des
idées super.
Donc ils se préoccupent là-dessus,
ils ont quand même essayé d’estimer que sur les
800 000 utilisateurs,
il y en a quand même une proportion pas négligeable de gens
qui ont des
propos, des contenus, des intentions suicidaires ou
auto-agressives.
Ce qui est embêtant.
Je vais avancer, je suis désolé, parce que sinon je finirais
pas à l’heure.
Mais la moitié des troubles psychiatriques qui débutent
avant l’âge de 15 ans, c’est bien évidemment…
vrai.
Eh oui, la moitié des troubles psychiatriques débutent avant
l’âge de 15 ans.
Ça, c’est une statistique à bien avoir.
Donc, pourquoi je vous précise ça ?
Parce qu’on dit les psychoses liées à chaque GPT.
D’accord.
Entre 15 et 25 ans, vous avez la schizophrénie, les troubles
bipolaires,
les troubles psychotiques induits par les substances,
les troubles de la personnalité qui se cristallisent.
Bref, vous avez quand même beaucoup de troubles qui
apparaissent dans cet intervalle-là.
De là à dire « c’est Tchadjep qui a pété le problème, j’en
sais rien » , probablement que ça y contribue un petit peu,
mais il n’y a pas que ça.
Donc il faut se méfier de faire des liens trop directs.
Je ne suis pas en train de prendre la défense de ChatGPT, je
dis juste qu’il faut qu’on reste critique.
Voilà, 800 millions d’utilisateurs de ChatGPT chaque
semaine, ça fait à peu près,
si on reprend les chiffres que je vous ai présentés juste
avant,
1,2 million qui mentionnent des messages à contenu
suicidaire,
et à loin de 600 000 qui ont des signes de troubles
psychotiques, que ce soit bipolaire, schizophrénique, etc.
Bon, c’est quand même pas rien.
et se posent vraiment la question de qu’est-ce qu’on fait,
qu’est-ce qu’on ne fait pas, etc.
Voilà, vous avez l’épidémiologie générale en pédopsy,
avec le suicide qui est la troisième cause de
décès au niveau mondial.
En France, c’est la deuxième, juste après les accidents de
la route.
Et voilà, ils viennent d’avoir le permis et c’est fait.
Et vous avez l’étude en classe de
2022 qui fait état des 20%.
de collégiens qui déclarent se sentir seuls et un petit peu
plus au
lycée.
Et vous voyez que le risque de dépression, il correspond à
peu près aux statistiques mondiales.
Ce qu’on peut dire, pour trancher un peu le débat, c’est que
oui,
il y a une augmentation des passages aux urgences
pédopsychiatriques pour les
jeunes.
Le problème, c’est qu’on les compte moins bien,
au sens où on mélange les gestes auto-infligés
et les tentatives de suicide.
Donc au final, on ne sait pas trop,
est-ce qu’on compte mieux ou est-ce que vraiment il y a une
augmentation de
passage à l’acte par exemple.
Donc ça, je ne me prononce pas, mais il y a quand même un
signe.
Je termine.
Donc, je vous laisserai lire ça.
Globalement, aujourd’hui, il y a une explosion d’études sur
santé mentale,
outils d’intelligence artificielle.
C’est très hétérogène, c’est difficile de tirer quelque
chose de franc et massif, de c’est bien,
c’est pas bien, c’est utile, c’est pas utile.
Je ne vous ai pas parlé de toutes les études qui concernent
plutôt la psychiatrie de précision,
où on met des électrodes et on essaie de faire des patterns
sur le cerveau, etc.
Où là, évidemment, c’est des trucs un petit peu plus,
j’allais dire, biocentrés.
Donc,
c’est utile d’avoir une intelligence artificielle qui nous
est donnée pour voir des choses qu’on ne peut pas voir parce
que le cerveau,
c’est compliqué.
Néanmoins, pour tout ce qui est relationnel, pour
l’instant…
ça reste sujet à un sacré débat, d’autant que, comme vous
l’avez vu,
les études sont plutôt sur la littérature de langue
anglaise,
ou en tout cas…
peu français.
Donc, est-ce que le fait de traduire, ça change un petit peu
les choses ?
Est-ce que la moralité, entre guillemets, globale de
ChatGPT, ça change un petit peu les choses ?
Donc, voilà, je vous ai fait les points positifs, les défis
à prendre en considération.
J’insiste, parce que tout à l’heure, on vous a partagé un
logiciel.
J’insiste sur « posez-vous les questions de que deviennent
les données ? »
Même si on vous dit qu’on s’en sert pas, etc.
Regardez les conditions.
Pour info, le logiciel de tout à l’heure, j’ai été jeter un
œil, j’étais un peu surpris.
Et en fait, c’est Google qui fait ce logiciel.
Et Google, à partir du moment où vous avez un fichier chez
eux, ils s’autorisent le droit d’aller voir ce que c’est
quand même.
Donc faites attention.
Voilà, c’est juste des petites choses comme ça.
On devient un peu parano, vous allez me dire, en fait,
peut-être qu’il faut parce que déontologiquement,
on doit ça aux personnes qu’on accompagne.
Donc on fait attention avec ce type de données.
Je vous promets, c’est la fin.
Je passe là-dessus, parce que ça je pense que c’est
important.
Qu’est-ce qu’on fait en consulte quand on a un jeune qui se
présente et qui dit
« Tchadjepété m’a dit ceci, cela, qu’est-ce que vous en
pensez ? » etc.
Il y a plein de questions à se poser, et je pense que l’une
d’entre elles qui est la plus importante,
c’est est-ce que l’empathie que manifeste l’intelligence
artificielle, elle est réelle ?
Et là, ce n’est pas ces oui, ce n’est pas ces non, c’est
comment la personne, elle le vit.
C’est-à-dire, elle est très efficace, l’intelligence
artificielle, en texte,
pour utiliser des techniques de reformulation,
pour faire vraiment de l’entretien rogerien, pour être
congruent,
pour être authentique, etc.
Si tenté qu’elle puisse être authentique.
Sur le papier, ça marche.
Derrière, elle ne ressent rien.
Or, l’empathie, quand je demande aux soignants, c’est quoi
l’empathie ?
Ils me disent, c’est se mettre à la place de l’autre.
Bon, passe encore.
Oui, mais on n’est pas l’autre, d’accord, mais c’est quoi la
dernière condition ?
C’est faire comprendre qu’on a compris.
Et ça, l’IA n’a pas compris, elle ne peut pas comprendre.
Mais elle laisse entendre que.
Et c’est là le piège.
Donc, si la personne ressent de l’empathie de l’IA, OK, on
va accepter ça.
Donc, vraisemblablement, cette IA, elle te fait du bien
parce qu’elle t’écoute,
parce que tu as l’impression d’être acceptée, de ne pas être
jugée, etc.
On va l’inviter, en quelque sorte, dans la consultation.
pas tellement pour porter un jugement sur ce n’est pas bien,
c’est dangereux, etc.
mais plus pour, ça fait quoi de se sentir écouté ?
ça fait quoi d’avoir des conseils comme ça ?
qu’est-ce que tu en penses ?
on va s’interroger sur l’expérience et
on va y aller avec une certaine forme de curiosité et tu te
sers de quoi comme il y a ?
et tu t’en sers souvent ?
et c’est quand que tu t’en sers ?
quand tu ne te sens pas bien ?
ou le soir avant de te coucher ?
Au contraire, quand tu te souviens, est-ce que tu es
d’accord de me parler de ça ?
Voir même, est-ce qu’il y a des messages que l’IA t’a fait,
que tu voudrais rapporter pour qu’on puisse en discuter
ensemble ?
Vous voyez,
on va vraiment inviter l’IA comme une espèce de membre de
famille.
L’autre point, c’est, vous le savez,
le meilleur prédicteur d’un accompagnement thérapeutique,
quel qu’il soit.
c’est la qualité de l’alliance thérapeutique.
Avant même la technique, c’est la confiance qu’on a dans le
thérapeute, c’est ses compétences à lui, etc.
Bon, eh bien, travaillons cette alliance.
Il y a une IA là-dedans.
Bon,
on va l’inviter et on va essayer de s’en servir comme une
espèce d’objet tiers pour pouvoir discuter
avec, accéder à ce ressenti, surtout que vous connaissez les
ados,
dire ce qu’ils ressentent parfois, il faut y aller.
Eh bien, là, il y a peut-être un moyen de décentrer un petit
peu.
sur eux-mêmes et d’accéder à ce qu’ils pensent par
l’intermédiaire de cet agent et pourquoi pas.
Après, une fois que cette alliance est en place,
on peut se permettre d’essayer de glisser quelques éléments
de vigilance avec
ce numéro d’équilibrisme qu’on connaît bien quand on évolue
avec des adolescents en consultation.
Et enfin, si vous utilisez l’IA pour conceptualiser le cas,
pour réfléchir à des hypothèses,
Ça me semble être intéressant à partir du moment où vous
avez fait l’expérience avant de vous dire « moi je
pense à ça, ça, ça, ça, ça » , que l’IA va vous proposer des
choses,
elle peut de soi donner de bonnes idées, et puis parfois
elle peut partir totalement en live,
et donc il faut savoir effectivement avoir ce recul critique
et clinique pour dire
« ok, ça je prends, ça je prends pas » .
Voilà, j’aurais eu envie de partager d’autres trucs, mais je
crois que j’ai dépassé mon temps,
donc je vais m’arrêter là et je suis disponible pour vos
questions.
Oui.
Oui.
Donc,
vous aviez présenté l’étude avec les différentes
utilisations de
l’IA chez les jeunes.
Est-ce qu’on voit qu’il y a des effets d’âge dans les
manières d’utiliser l’IA
ou même dans le type d’IA qu’on utilise, par exemple entre
les jeunes adolescents,
les personnes en lycée ou même les jeunes adultes ?
Oui,
il y a effectivement des différences qui vont
être plutôt par tranche d’âge.
On a vu par exemple que les jeunes actifs vont avoir plus
facilement
tendance à recourir à l’IA justement pour leurs tâches
professionnels, leur stage, etc.
Là où les plus jeunes vont être un petit peu plus sur
l’usage, questions perso,
intimes, etc.
Il y a effectivement une typologie qui se dresse.
Après, là je vous parle de l’enquête où il y a 1000
répondants,
donc ça nécessite des affinages.
Mais oui, il y a des usages qui sont différents.
Les applications, les agents conversationnels typiquement,
ça a vraiment une tranche d’âge très ciblée.
Et c’est avec ça que…
Voilà.
D’ailleurs, je ne vous en ai pas parlé,
mais il y a une commission qui s’est réunie et qui a proposé
d’encadrer la manière dont la publicité
était faite sur toutes les applications d’intelligence
artificielle,
d’interdire l’accès à l’IA aux moins de 13 ans, etc.
Bon, après, on sait très bien qu’ils arrivent à contourner
les interdictions.
Bonjour,
je suis étudiante en première année de licence de psycho et
vous avez parlé des applications pour créer des avatars dont
on peut tomber amoureux
et notamment de l’empathie que les agents conversationnels
peuvent nous laisser
croire qu’ils ressentent et
je me questionne sur le fait que comment ça se fait que
l’humain
Malgré qu’il sache qu’il parle à une IA ou à des 0 et des 1,
comment ça se fait qu’il se laisse prendre là-dedans ?
Est-ce qu’on sait ?
Je pense qu’en fonction de votre
lecture théorique, vous pouvez avoir plusieurs éléments de
réponse pour cette affirmation.
En tout cas, ce qui est sûr,
c’est qu’il y a des processus de projection qui sont clairs.
Et puis, il y a le fameux…
concept d’anthropomorphisme c’est à dire qu’on donne à une
IA des
caractéristiques humaines au point d’en oublier que
ce n’est pas un humain et l’exemple de Florent était tout à
fait parlant quand on
voit notre chat niauler il
était triste pourquoi t’es triste ?
c’est parce que je suis parti toute la journée non non donne
moi des croquettes c’est l’heure
donc c’est quelque chose d’assez rassurant
de pouvoir se projeter et aussi parce que alors ça c’est un
des domaines dans lequel
en formation avec les soignants c’est important,
c’est que l’empathie si on ne l’apprend pas notre façon de
l’acquérir
c’est par la projection d’ailleurs souvent quand vous
demandez à quelqu’un c’est quoi l’empathie il vous dit c’est
se mettre à
la place de l’autre donc clairement c’est la projection et
en fait
la plupart des soignants pensent être empathiques jusqu’à ce
qu’ils réalisent que Merci.
Non, en fait, ce n’est pas parce que toi, dans cette
situation, tu ressens ça,
que c’est forcément vrai pour cette personne.
Donc, il y a des processus de projection, d’identification,
et en particulier chez les jeunes et les ados, où justement,
leur différenciation est en cours de processus,
leur région cérébrale impliquée dans l’identité
et la construction par rapport aux autres est en pleine…
en plein développement,
et donc clairement c’est le public cible pour ce type
d’application et jouer sur ces phénomènes.
Ok,
et il me semble que notre cerveau aussi confond la réalité
et l’imaginaire.
Est-ce que ça peut être de cet ordre-là aussi ce qui se joue
ou non ?
Je ne préfère pas répondre parce que je n’ai pas d’éléments
solides pour répondre.
Merci.
Bonjour.
Vous êtes là.
Moi, j’avais une question autour de votre pratique par
rapport aux jeunes que vous recevez.
Est-ce qu’ils se sentent libres de parler de leur
conversation avec l’IA
dans les soucis qu’ils peuvent rencontrer ?
Parce que c’est vrai qu’à travers votre discours,
je suis en train de me dire peut-être qu’on va intégrer des
questions concernant l’utilisation de l’IA
par les élèves, par les jeunes.
Et je me pose vraiment la question de savoir si c’est
quelque chose qu’ils arrivent à verbaliser facilement,
rapidement.
ou s’il faut aller un petit peu les chercher sur ce
terrain-là ?
Je dirais que ces dernières années, ça se libère.
Les premiers patients étaient un peu honteux de me dire,
vous savez,
j’ai demandé à Alia, et donc là, je m’analyse à fond.
Ah, mais c’est super, tu as demandé à Alia, et alors ?
Qu’est-ce qu’elle a dit ?
Moi, je ne me sens pas du tout mis en échec parce que tu as
demandé à Alia, c’est bien.
Des fois aussi, je pose des questions à lui.
Ah, ok.
Et alors, qu’est-ce qu’elle a dit ?
Et du coup, comme ça, j’élimine un petit peu.
Mais c’est vrai que de plus en plus, j’ai des patients qui
arrivent avec…
J’ai demandé à Tchadjepeté, il a dit que j’avais tel, tel,
tel diagnostic, donc il faut me faire ça.
Et j’ai même une patiente que je suivais depuis un petit
moment et qui m’a dit qu’il arrivait quand
déprimé.
J’ai demandé à Tchadjepeté, il a dit qu’il fallait que je
fasse de l’assismothérapie, des électrochocs.
Bon, ok.
Première réaction naturelle ça aurait pu être mais ça va pas
du tout on va pas faire ça tout de suite comme ça
bah et ça vous a fait quoi ?
je me dis que y’a rien qui marche je suis pas bien autant y
aller quoi.
Oui vous êtes mal à ce point là que ok
qu’est ce que vous lui avez dit pour qu’il puisse vous
conseiller ça ?
ben voilà que j’ai essayé plein de traitements mais comme
j’ai pas d’effet au bout de trois quatre jours j’arrête et
donc je vais
encore plus mal intéressant bon ce que je vous
propose c’est qu’on fasse une bonne idée en soi au bout d’un
moment les dépressions quand ça marche pas on peut
effectivement recouvrir
à ce truc là mais
peut-être qu’avant il faut qu’on voit si prendre un
traitement un peu plus longtemps ça pourrait vous
aider qu’est ce que vous en pensez et et voilà et des tests
donc je dirais que oui à partir du
moment où il ya l’alliance
Il y a la confiance et donc les personnes vont finir par
dire.
Et je pense que plus le temps va passer, plus ça va être
banal d’interroger ChatGPT.
Surtout qu’il y a plein, et c’est peut-être un peu
inquiétant,
de programmes qui veulent mettre en place des espèces
d’agents
conversationnels en préalable pour faire du tri.
Parce que comme il n’y a plus assez de médecins, plus assez
de professionnels,
on va aller parler à une IA low cost avant d’aller voir un
vrai professionnel.
Je pense que ça va être de plus en plus banal.
Mais il y en a qui ont honte, et dans ce cas-là, moi
j’adopte une posture très simple,
très humble, et on peut parler de tout.
Je ne sais pas si ça répond à votre question.
Si ça y répond, oui.
Merci.
En fait, c’était juste une réaction par rapport à la
question qui était posée précédemment, mais je me disais,
est-ce qu’il se pose vraiment la question de comment
fonctionne l’IA, l’empathie, etc. ?
Je ne la pose sans doute pas.
ils ressentent juste du bien-être ou une consolation.
Et c’est ce côté addictif, en fait,
peut-être qu’ils ne vont pas réfléchir plus loin
que ça, se dire « ça m’a fait du bien, point, du coup je
vais l’utiliser, je vais continuer à l’utiliser » .
Je suis passé très vite, mais la dépendance affective, ça a
été une problématique vraiment,
ça l’est toujours,
et donc ils sont en train d’essayer d’ajuster les modèles
pour qu’ils soient un peu moins dans ce truc-là.
Les applications dont vous avez montré, les publicités,
clairement, elles comptent là-dessus.
C’est leur manière de se financer.
Par contre,
n’oublions pas le petit tiers de jeunes qui se sont
sentis mal à l’aise avec l’IA.
Et donc, c’est pour ça que c’est assez intéressant de ne pas
forcément partir du principe que ça les a rassurés,
mais d’aller vraiment leur demander, et quand elle t’a dit
ça, qu’est-ce que t’en as pensé,
qu’est-ce que t’as ressenti ?
Des fois, on peut avoir des surprises.
L’heure c’est l’heure.
En tout cas, bravo d’être resté jusqu’ici et merci pour
votre attention.
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