GENAI : Acquisition des compétences entre challenges et opportunités
Conférence de Florent Vinchon
Résumé
Florent Vinchon
Docteur en psychologie du Travail, Université Paris Cité
Transcription
Donc, enchanté, je m’appelle Florent Vinchon.
J’ai effectivement soutenu ma thèse l’an dernier sur le
thème de l’intelligence artificielle
et de la créativité en réfléchissant aux perspectives qu’on
pourrait avoir dans le futur en
utilisant ces outils, le plus comme le moins bien.
Au-delà de ça, je suis psychologue du travail et une chose
aussi importante,
c’est de dire que cette très chère Maud Besançon était
présente dans mon jury l’an dernier.
Voilà.
En plus de partager mon…
Ma paternité scientifique avec Todd Lubart.
Alors, du coup, ça je l’ai déjà dit,
et on va pouvoir commencer à réfléchir un petit peu.
Quand on veut parler de l’acquisition des compétences et de
la technologie,
on pourrait se contenter juste de dire, ah,
l’IA génératif c’est la technologie qui modifie la façon
dont on acquiert des compétences.
Mais si on revient un petit peu en arrière, alors
effectivement j’ai quelques références qui sont un peu plus
anciennes.
il y a déjà des notions de « on a des technologies qui sont
arrivées,
on a voulu imposer des technologies,
et ces technologies viennent modifier la façon dont les
enfants apprennent
et aussi les instituteurs, les enseignants, les pédagogues
travaillent. »
Donc tout ça,
ça fait un peu partie de ce champ de la littérature qui
s’appelle la sociologie de l’innovation éducative,
avec cette boucle entre le moment où on présente un nouveau
truc
qui va sortir, Merci.
hyper important alors historiquement ça peut être la radio
ça peut être les
films internet etc les tableaux numériques interactifs et
tout et tout
il ya la phase où il ya un enthousiasme qui vient souvent
des gens qui
proposent
et qui impose un peu l’utilisation de cette technologie il
ya des promesses d’individualisation
on va pouvoir s’occuper de tel enfant beaucoup plus parce
que justement le cet outil va être vraiment faible pour lui
et aussi en dire ça va vous faire moins de tâches
administratives à vous aux gens qui vont l’utiliser.
Il y a cette phase après d’investissement qui va être faite.
On va commencer à installer cette technologie un peu
partout, des caméras,
des vidéos, des trucs, calculatrices aussi.
Et après, on va voir qu’il y a souvent un écart entre ce qui
était attendu et ce qu’on va observer,
enfin ce qui était attendu et ce qu’on va réellement
observer et l’utilisation réelle.
Est-ce que le magnifique caméscope qu’on a acheté dans les
années 70-80 ne va pas
servir juste de repose-manteau ?
il y a des chances.
Et justement pour aller un peu plus loin maintenant on va
pouvoir s’intéresser aux compétences qui ont changé,
qui ont évolué avec l’éculation des technologies.
La calculatrice, quelle révolution !
Combien d’entre vous sont capables de calculer des
fractions, des intégrales à la main ?
Un petit ordre d’idées !
Pour une thèse de psychologie où on voulait faire des
analyses factorielles dans les années
1930 une analyse, deux analyses factorielles,
trois ans de travail.
Maintenant, une analyse factorielle, c’est cinq secondes,
mais je ne sais pas la faire, à la main.
Mais par contre, je sais l’interpréter.
Ça, c’est important aussi.
Savoir ce que les choses veulent dire.
Apprendre à réagir et à acquérir la compétence de façon
différente.
Donc, il y a du plus et du moins bien dans ces technologies.
Quand l’intégration de la calculatrice a été faite de façon
délibérée…
et que ça a été dans une réflexion profonde,
pédagogique, tout s’est très bien passé, des compétences ont
été acquises,
certaines autres ont été effacées.
On a pu aller plus loin dans les mathématiques, mais il y a
certaines choses qu’on a un petit peu oubliées.
Le traitement de texte, autre exemple.
On lit un texte, maintenant on écrit tout ce qu’on fait avec
des documents Word,
ce que vous voulez, etc.
ça permet d’avoir des enfants qui ont plus de structures
dans leur contenu,
qui font plus attention un peu à leur grammaire, etc.
Ça fonctionne chez certains enfants, mais ça ne fonctionne
pas sur tous les enfants.
Ça réduit aussi un peu cette limitation qui est la graphie,
bien écrire,
mal écrire, avoir une écriture de médecin, ce genre de
choses-là, ça peut jouer.
Alors, ce n’est pas contre celui qui passe après, parce
qu’il écrit très bien,
mais disons que c’est quelque chose qui avance.
et qui fait réfléchir.
L’internet et l’informatique, il y a un truc qui est très
intéressant et dont je vais parler un peu plus tard aussi,
qui est la capacité qu’on a à maintenant
avoir des ordinateurs qui sont présents un peu partout.
Mais si on dépend trop des ordinateurs, on devient
sous-performant.
On ne réfléchit qu’à travers un ordinateur, qu’à travers une
machine.
Ça peut endommager certaines de nos compétences.
Et avec l’arrivée d’Internet, il y a un truc rigolo que
j’aime bien savoir, c’est le Google Effect.
Google Effect, qu’est-ce que c’est ?
Si je vous dis 1515, Marignan, qu’est-ce qui s’est passé à
Marignan ?
Quelle est la chance que votre premier réflexe va dire « Ah,
je vais aller vérifier sur Google » .
Google Effect.
On n’intègre plus, on ne cristallise plus la mémoire, mais
on sait où la retrouver.
On a un outil pour savoir où chercher l’information.
Et ça, c’est le Google Effect.
C’est un peu la différence entre ce qu’on pourrait avoir
entre une mémoire cristallisée et solide et la granularité.
Où est-ce qu’on sait retrouver l’information ?
Notre cerveau est un peu utilisé comme un genre d’index.
Est-ce que le débat est récent ?
Non.
Non.
En fait, forcément, j’aime bien parler un peu d’histoire
quand je présente un truc.
Et voilà, je suis tombé sur un débat dans…
que Platon a émis quand il parlait de Phèdre,
où justement il critiquait l’écriture,
en disant que ça ne faisait plus travailler nos compétences
de mémoire,
que ça ne faisait plus travailler notre réflexivité, et la
façon qu’on avait de vivre un texte.
Donc je ne sais plus, mais il y a un petit truc un peu joli
à dire, quand vous parlez à un philosophe,
son avis va changer, il va s’adapter à vous, alors que quand
vous parlez à un texte, il vous répétera toujours la même
chose.
C’est joli, c’est une façon de voir les choses.
Maintenant considérez que les compétences qu’on aurait sans
les textes, n’existe plus.
Pas vraiment.
Donc, ce qui est intéressant un peu,
c’est aussi cette notion de pharmacon qui est une notion en
fait, pharmacon,
pardon, qui est cette notion de quelque chose qui est utile,
mais selon la quantité.
À quel moment est-ce que ce qu’on va utiliser va devenir
toxique ?
Pour les technologies, c’est un peu pareil.
À partir de quel moment, la technologie qu’on va vouloir
utiliser dans la pédagogie
va devenir plutôt nocive par rapport à ce qu’elle aurait pu
être dans d’autres
circonstances.
Et tout ça, c’est quelque chose qu’on va retrouver un peu
tout au long de ce qui va suivre sur
les IA génératives.
Alors ce matin, vous avez déjà eu beaucoup de présentations
qui parlaient des IA génératives,
mais la question reste toujours, qu’est-ce que c’est ?
L’IA générative, c’est…
déjà de l’intelligence artificielle.
L’intelligence artificielle,
c’est quand on connecte plein de systèmes algorithmiques et
qu’on va leur demander, s’il vous plaît,
essayez de fonctionner pour imiter la façon de résonner d’un
humain.
Exemple basique, je veux passer, j’habite à Paris, bon je
suis venu en train,
mais imaginons que je sois venu en voiture.
Je veux rentrer à Paris en voiture, comment je fais ?
Bon, déjà je me prépare à avoir des embouteillages, certes,
mais ensuite, en théorie, je sors une carte.
Et moi, mon cerveau d’humain va me dire, je vais relier les
points qui semblent les plus logiques, qui vont plus
rapidement.
Je ne vais peut-être pas prendre les routes de campagne, je
vais prendre l’autoroute, probablement.
L’IA, le truc de l’IA, c’est qu’on va essayer de coder cette
machine pour qu’elle fasse ça,
qu’elle fasse ce raisonnement, mais à travers beaucoup
d’algorithmes,
un nombre d’algorithmes dont on ne se rend pas compte.
Là, actuellement, autour de nous, sur vos téléphones, sur
tout ce que vous faites,
il y a une quantité ahurissante d’IA que vous utilisez.
on les apprécie, elles nous simplifient la vie,
elles remplacent de certaines tâches cognitives, elles font
ce qu’on appelle de l’offloading,
donc une décharge un peu cognitive.
Et est arrivé l’IA générative.
Alors, les premiers modèles Exopuisaline 2010,
c’est des outils qui ont la capacité de produire un contenu,
qui va être relativement neuf, normalement, c’est quelque
chose qu’on n’aura jamais vu auparavant.
et qui correspondra à une base de données qu’il a, tout en
s’adaptant à un contexte.
Le contexte, ça va être par exemple le prompt.
« Hey, chat GPT, dessine-moi un petit chat qui conduit un
train. »
« Chat GPT va me dessiner un petit chat qui conduit un
train. » Ce sera probablement moche, mais il va le faire.
Il y a des dizaines de modèles d’IA génératifs qui existent,
qui utilisent des technologies très différentes.
Ce qui nous intéresse le plus, c’est ce qu’on appelle les
modèles transformers.
Alors, ce n’est pas un truc de cyborg, pas trop.
Les modèles transformers, c’est qu’on a donné un super
pouvoir aux ordinateurs,
la capacité d’avoir de la mémoire et de la cohérence.
Chez nous, les humains, ça semble basique.
Ben oui, ma phrase a commencé, je sais comment à peu près
elle va terminer.
Chez les ordinateurs, ce n’est pas si simple.
Leur donner la capacité de se rappeler de ce qu’ils disent,
un temps 0 pour avoir une cohérence avec un temps 10 Ce
n’était pas si simple.
C’est une technologie récente qui permet d’avoir des LLM,
Large Language Model,
qui sont tous les chat GPT, les clouds et tout ce que vous
avez avec.
Les autres, c’est plutôt pour faire des vidéos, des photos,
des voix,
des trucs.
C’est un peu moins intéressant pour le reste de la
présentation.
Jeux de mots volontaires, parce que ça m’amuse.
Mais l’IA, qu’est-ce que ça c’est ?
fondamentalement.
On en a parlé tout à l’heure aussi, ce processus de
psychophance, psychophancy,
c’est pas trop un terme français mais c’est à peu près la
psychophance.
Un flatteur hypocrite, un flagorneur qui va valoriser votre
ego.
Hey, ma vie est parfaite, tout va très bien, pourquoi est-ce
que je n’irai pas la ruiner ?
Mais quelle merveilleuse idée Florent, va ruiner ta vie !
Et c’est un peu ça en fait.
A chaque fois qu’on dit un truc à Chad GPT, à Claude, et
qu’ils nous disent « Quelle merveilleuse idée !
T’as une profondeur de réflexion rare ! »
Parfois, il faut savoir que nos idées, elles sont nulles.
Et c’est pas un drame.
Et c’est un gros problème.
Et ça, c’est toute l’illusion du raisonnement.
L’IA n’est pas intelligente, au sens humain du terme.
Elle donne une illusion d’une compréhension.
Mais il n’y a rien derrière.
Je vais illustrer tout à l’heure avec des trucs un peu plus
philosophiques.
Aussi, chose très importante, la reproduction des biais.
Donner à une IA les photos de tous les présidents d’Amazon,
d’Amazon US, tous leurs CV, l’IA va être raciste.
Parce qu’il n’y a que des blancs qui sont embauchés dans la
tête, les présidents d’Amazon.
Donc quand on va lui demander de sélectionner des bons
dossiers, Elle va écarter une partie de la population.
Elle n’a pas conscience de ça, mais elle va le faire.
Pourquoi ?
Parce que c’est des biais.
Quand on construit une IA, ce sont des machines à biais et
des machines à les reproduire.
Donc, c’est dangereux.
Et une tendance à la moyenne, mais j’en parlerai un peu plus
tard.
Maintenant, un peu de philosophie.
J’aime la philosophie.
Parlons de la chambre de Marie.
Alors, les expériences philosophiques, vous savez, ce n’est
pas très réaliste.
Alors laissez-vous emporter un peu dans le voyage et essayez
de comprendre la logique.
La chambre de Marie.
Marie est une femme qui sait absolument tout de la couleur
rouge.
Elle l’a étudiée, elle connaît ses pigments, vraiment un
puits de sang sur la couleur rouge.
Mais elle n’a jamais vu la couleur rouge de sa vie.
En dehors de ça, elle sait tout.
Qu’est-ce qui se passe si un jour elle sort de sa chambre et
qu’elle voit la couleur rouge ?
Gagne-t-elle quelque chose ?
En d’autres termes…
Quel est le poids de la théorie versus le poids de
l’expérience ?
Une IA de la théorie, mais pas d’expérience.
La chambre chinoise.
Les philosophes ont vraiment un truc avec enfermer des gens
dans des chambres.
Et celle-ci, c’est un autre exemple là-dessus.
La chambre chinoise, c’est un exercice de pensée où chaque
matin,
on apporte des caractères en français dans une salle qui est
fermée.
Le soir, ça ressort en étant traduit en idéogramme chinois.
Qu’est-ce qui s’est passé ?
La personne à l’extérieur va penser que quoi qu’il se passe
dans cette machine,
dans cette chambre, ça comprend le chinois.
Sauf qu’en vrai,
il y a juste quelqu’un qui est très basiquement en train de
transcrire du français en chinois.
L’IA ne comprend pas la traduction des mots.
Elle ne comprend pas les symboles.
Elle fait des traductions, mais rien de plus.
Infinite Monkey Theorem, le théorème du singe infini.
Si on laisse à un singe un temps infini pour produire du
contenu,
l’infinité du temps, toutes les œuvres qui sont écrites,
qui pourront être écrites, qui n’auront jamais été écrites,
auront été écrites par ce singe.
Est-ce que ça rend ces œuvres créatives ?
Ou est-ce qu’on a l’impression qu’on attribue à du hasard
une volonté ?
l’anthropomorphisme.
Et enfin, Paperclip Maximizer,
le maximisateur de trombones.
On demande à une IA de fabriquer des trombones et
d’optimiser sa fabrication de trombones.
Qu’est-ce qu’elle va faire ?
Elle va fabriquer beaucoup de trombones.
Et puis à un moment, elle va épuiser tout le fer sur Terre.
Il n’y aura plus de fer.
Mais elle a la liberté d’agir.
Et si elle allait chercher le fer qui est dans les êtres
humains ?
Science sans conscience n’est que…
bravo !
Alors,
on avance un peu et on va se demander comment est-ce que les
Gen I sont
utilisés à l’école.
En général, on les retrouve dans au moins six domaines.
Expliquer quelque chose, faire des feedbacks, conseils et
tutorat,
la customisation des cours, du tutorat…
et de l’évaluation.
Et c’est grosso modo l’ensemble des champs sur lequel se
portent les études là-dessus.
Il y a des études qui portent sur différentes compétences,
la qualité de l’écriture,
la correction, la compréhension, le décodage, mathématiques,
résolution de problèmes,
sciences et motivations, la pensée critique et la créativité
que je voulais décrire.
Mais la littérature reste rare et peu solide.
Autre domaine qui est important et que je vais évoquer ici,
Death Killing,
Up Killing et Res Killing,
qui a été un article scientifique sorti en 2021 par Jed
Raffner,
qui correspond à un monde de challenge pour les
professionnels
et même les enfants qui doivent apprendre à utiliser leurs
compétences.
Death Killing, qu’est-ce que c’est ?
C’est la perte d’une compétence.
On peut l’oublier.
Par exemple, quand j’étais au lycée, je savais très bien
utiliser le théorème de Thalès.
Est-ce que depuis que j’ai quitté le lycée, j’ai utilisé le
théorème de Thalès une fois dans ma vie ?
Non.
J’ai perdu cette compétence.
Elle pourrait revenir.
Je pourrais me reskiller à un moment.
Mais il y a peu de chances que ça m’intéresse.
Nous ne mentons pas.
Upskilling, je suis déjà fort dans un truc.
Enfin, je sais déjà faire un truc, mais je vais encore
m’améliorer.
Reskilling, ma compétence n’est peut-être pas très adaptée.
je peux la changer.
Les IA, c’est un outil massif de desk healing d’une certaine
façon.
Pourquoi est-ce que j’apprendrais encore à faire des efforts
de vocabulaire ?
Alors vous verrez des dizaines de fautes d’orthographe dans
mes présentations, je suis désolé.
Mais pourquoi je ferais des efforts de vocabulaire si l’IA
est capable de me relire ?
Desk killing, on perd en compétences,
ça peut même créer dans certains cas de l’inemployabilité.
Pourquoi est-ce que j’irais encore embaucher quelqu’un qui
me relie si l’IA est capable de le faire à ma place ?
Pour les traducteurs, c’est dramatique en ce moment par
exemple, les génératifs.
Mais ça entraîne aussi un risque de surdépendance à ces
outils.
Si un jour on nous les coupe, que fait-on ?
Donc, toute cette question de cet article,
c’est en fait comment est-ce qu’on améliore ses compétences
pour être encore compétitif sur un marché du travail,
et comment est-ce qu’on fait pour changer nos compétences,
pour continuer à s’adapter constamment,
s’approprier l’outil, et pouvoir permettre de créer quelque
chose avec ça plus tard.
C’est ce qu’on appelle l’intelligence hybride.
L’intelligence hybride, ça peut faire peur comme nom, mais
ce n’est pas du transhumanisme,
ce n’est pas on va vous implanter une puce d’IA dans la
tête.
C’est simplement de se dire, on va utiliser le meilleur des
compétences de l’humain, son passé,
son vécu, ses émotions, son histoire, sa personnalité, et le
meilleur des compétences de l’IA,
sa technique, sa capacité à aller vite, sa capacité à
générer des choses, à produire du contenu,
pour arriver à quelque chose qui va être le plus qualitatif
possible.
Maintenant,
on va arriver à la partie où je vais essayer de présenter
différents champs de compétences qui sont généralement
gagnés par les enfants
dits K-12.
Alors les K-12, c’est ceux qui vont du CP au lycée.
Il y a peu d’articles publiés dans des bonnes revues
scientifiques.
Certaines études hautement médiatisées ont été rétractées.
Ça veut dire qu’on les a retirées de la littérature
scientifique parce qu’elles n’étaient pas bonnes, fausses.
fallacieuse.
Les tailles d’effets, c’est-à-dire la taille de la
population sur laquelle ces études ont été faites,
sont bien souvent faibles sur une durée qui est très courte.
C’est on fait l’expérience, ah ça fonctionne, on retire le
truc.
Quelle est la stabilité sur trois mois, six mois, etc.
Il y a de nombreux effets culturels.
On ne peut pas considérer qu’on enseigne en France comme on
enseigne aux Etats-Unis, en Chine,
en Turquie ou aux Philippines.
Pourquoi est-ce que j’ai pris ces pays ?
Parce que c’est essentiellement ceux sur lesquels je vais
placer mes articles qui viennent ensuite.
La technologie évolue très, très vite.
Les études de 2022-2023 sont déjà largement dépassées.
Il faut vous dire que les modèles d’IA qui sont sortis il y
a 4 ans avec TGPT,
ils étaient capables de se rappeler l’équivalent de 3-4
pages de texte.
Maintenant, les nouveaux modèles sont capables d’avoir
10 fois la saga Harry Potter pour se rappeler du contenu de
ce qu’ils disaient au début.
Donc, vraiment…
la notion de l’évolution de la technologie et de la science
est extrêmement importante là-dedans.
Ce que je vous dis maintenant ne sera probablement plus vrai
dans un an, et encore moins dans deux ans.
Donc c’est un sujet qui est mouvant,
et je vous invite à faire preuve d’esprit critique dans ce
que je vais vous dire ensuite.
Parlons d’une des principales compétences que l’on attend
que les enfants acquièrent, l’écriture.
Donc il y a pas mal d’expériences qui sont sorties pour un
peu tester comment est-ce qu’on pourrait encourager
une IA à apprendre à des enfants à écrire,
avec des trucs qui s’adaptent, un petit clavier tactile,
etc.
Et on peut voir quelques effets qui peuvent s’avérer être
parfois plutôt bénéfiques.
On a l’organisation d’un texte, des idées, etc.
qui sont des choses qui fonctionnent très bien avec des
outils d’intelligence artificielle.
Sachant qu’aussi, ce qui est plutôt chouette, c’est que la
plupart des enfants apprécient l’outil.
C’est chouette.
Mais, d’un autre côté,
on a l’OCDE qui nous dit que les enfants doivent savoir
faire ces compétences-là sans
l’outil, sans l’IA.
Ils doivent savoir écrire sans être assistés par un IA.
Ils doivent maîtriser la compétence avant de l’utiliser.
Donc,
il y a tout un processus cognitif qui est à l’œuvre quand
l’enfant écrit.
donc la capacité à enregistrer de l’information en mémoire,
etc., à encoder,
qui pourraient se substituer si jamais on dépend trop de
l’utilisation de la technologie.
Donc ça, c’est des rapports qui sont sortis du coup de
l’OCDE en 2026, c’est leur tout dernier rapport là-dessus,
qui justement alarmait sur la surutilisation de l’IA.
Il y a une étude qui a été faite en France, qui était bien
faite d’ailleurs,
sur l’apprentissage de la lecture auprès de 71 enfants de 5
à 6 ans.
entre un modèle d’apprentissage traditionnel et un modèle
d’acité parallèle.
L’outil a été utilisé pour aider l’enfant à décrypter, pour
l’encourager,
et ça améliorait essentiellement les compétences des enfants
en écriture chez les enfants les moins
performants de base.
Donc ceux qui avaient plus de difficultés en ont bien
bénéficié.
Mais les enfants qui étaient supérieurs…
là-dedans n’ont pas forcément bénéficié autant de cet
avantage-là.
Qui plus est, à beaucoup d’enfants, le contact humain
manquait,
le rapport à l’autre, encore une fois.
Sachant que 71 personnes sur une étude qui a peu duré, c’est
peu,
c’est pas très long, et encore une fois, ce n’est qu’une
toute petite étude.
Parlons maintenant des mathématiques.
Alors, une étude un peu plus grande sur 1000 lycéens aux
USA,
il y avait une différence pour l’apprentissage des
mathématiques qui était faite entre un chat GPT classique
et un chat GPT cutter.
Donc en gros, on l’avait un peu prompté,
on l’avait un peu commandé pour qu’il agisse comme un peu
plus un coach,
ne donne pas à l’enfant tout de suite la réponse, essaie
plutôt de décomposer l’opération, plein de petites étapes
différentes.
Et il y a une amélioration dans les deux groupes.
Alors elle est beaucoup plus notable dans le groupe tutorat
tant que l’IA est là.
Dans le groupe tutorat, je crois qu’on améliore de
127% les capacités de réussite des lycéens.
Et dans le groupe IA classique, je crois que c’est 25% de
mémoire.
Mais quand l’IA est plus là, que l’enfant doit se
débrouiller tout seul pour faire des maths,
eh ben celui qui était en groupe tutorat, ça passe,
ça va, il s’en sort.
mais celui qui n’était pas dans le groupe avec un IA tuteur,
il n’est pas très bon.
Et ce n’est pas si étonnant que ça.
Quand on se repose sur quelque chose pour faire une étude,
pour réfléchir à quelque chose,
on arrête de réfléchir aussi, on arrête d’essayer
d’apprendre.
Et ce que je commence à vouloir dire ici,
c’est que l’IA peut être un outil fantastique quand on
l’utilise de façon intelligente.
Une autre étude qui s’appelle LearnLM,
qui a été faite dans les laboratoires de Google, qui n’a pas
été publiée dans une revue,
donc qui n’a pas forcément une très grande valeur
scientifique,
mais qui est souvent utilisée actuellement,
c’est qu’ils ont construit des IA spécifiques pour tutorer,
vraiment un mode de tuteur,
et que dans leurs résultats, tout se passe bien.
Tout fonctionne super bien.
C’est Google qui a financé l’étude.
vigilance il faut garder soyons vigilants avec les personnes
qui font les études aussi
et qui les publieraient vraiment dans une vraie revue
scientifique
Quelques petites précautions.
Ah oui, alors ça je suis désolé, je l’avais laissé, c’est
tout le prompt qui est intéressant,
qui est ici sur comment est-ce qu’ils l’ont construit.
Enfin, ne lisez pas tout, ce n’est pas intéressant,
mais ce qui m’intéresse c’est que vous regardez la
différence de la commande,
la taille de la commande entre juste « fais des maths tout
en haut » et
« fais des maths mais décompose-moi l’opération en plein de
petites étapes différentes »
qui est proposée dans l’étude qui a été publiée
scientifiquement,
dans des revues scientifiques.
Je laisse la photo se prendre en haut.
Allez-y, courage, bravo.
Et avançons maintenant sur d’autres compétences,
celles qui se réfèrent à la lecture.
Alors, peu d’études, pas de très bonnes études.
J’ai cherché, je n’ai pas trouvé vraiment de choses qui sont
très convaincantes.
Et là, j’ai trouvé que c’est intéressant dans cette étude de
Balantekin sur des…
des élèves en primaire en Turquie, je n’ai pas trouvé la
moyenne d’âge,
je n’ai pas trouvé le niveau, je n’ai pas trouvé les
répartitions de genre, je n’ai pas trouvé grand-chose,
j’ai trouvé des résultats qui donnent une tendance.
Ça augmente la motivation quand même à lire qui est plus
grande.
On demande aux enfants de créer leur prompte et de générer
quelque chose.
Et ça fonctionne mieux sur les enfants qui sont les moins
performants,
donc ceux qui ont plus de difficultés.
bénéficient plus de ces outils là que ceux qui sont
performants aussi.
Il y a un préprint de 2024 donc un truc qui n’a pas été
publié et
qui ne le sera probablement jamais parce que c’était en 2024
qui parle de l’utilisation de
chatGPT versus un dictionnaire sur des lycéens aux
Philippines et
le groupe qui utilisait un dictionnaire était supérieur en
compréhension de lecture par la part au
groupe qui utilisait chatGPT pour s’aider à comprendre le
vocabulaire.
Donc, en gros,
lire le dictionnaire était plus efficace pour comprendre un
texte que d’utiliser le GPT.
Je suis désolé, encore une fois, j’insiste, la valeur
scientifique de ce que je vous propose est limitée.
J’insiste.
Donc ça reste intéressant.
Ça veut quand même dire que même si la technologie existe,
elle n’est pas parfaite.
Une étude qui a été un peu plus intéressante sur des groupes
tuteurs…
qui étaient faits avec des IA, alors c’est plus sur des
adultes,
là vous voyez c’est des 18-22 ans,
où on a les gens les moins performants en lecture qui ont le
plus bénéficié
de l’IA comme d’habitude, mais chez les gens les plus
performants,
qui sont très à l’aise à lecture, quand on leur a forcé à
utiliser un outil,
ça a réduit leur motivation à le faire, ça a réduit leur
intention d’utiliser,
de lire.
A quoi bon est-ce que je me donnerais du mal à comprendre un
texte, interpréter un texte,
si une IA est capable de le faire pour moi ?
Et ça fait appel à la perte de conscience, à des problèmes
d’auto-efficacité.
On avance, on va parler des sciences maintenant.
Alors,
peu d’études parlent vraiment de l’enseignement des sciences
assistées par l’intelligence artificielle chez
des enfants qui ont moins de 18 ans en gros.
J’ai trouvé quelques petites stats qui sont financées par
l’institut RAND qui est
un genre de lobby éducatif qui dit que 22%
des profs de sciences de maths utilisent fréquemment de
profs de sciences et de maths utilisent
fréquemment l’IA.
Ca peut monter un peu en fonction de ça mais c’est des
pourcentages ça
dit pas si c’est différent,
quelle population a été utilisée donc je reste encore un
petit peu méfiant là dessus et
qui par contre s’accordent à dire que,
les différents articles que j’ai lu s’accordent à dire que
l’utilisation de l’IA pour apprendre la science,
c’est un bon outil de motivation.
Un enfant qui ne comprend pas ce qu’il étudie, pourquoi
est-ce que la gravité c’est important,
pourquoi est-ce que la croûte terrestre de la géologie c’est
important, etc.,
l’IA va pouvoir le traduire d’une façon qui va être plus
didactique, et s’adapter vraiment à la personne,
ce qui est chouette.
Donc, on arrive un peu à ces concepts d’hybridation.
qui montre un effet positif de l’IA quand c’est correctement
intégré à une équipe pédagogique et à
une volonté vraiment de faire quelque chose
pédagogique et qui soit construit.
Donc là, est-ce que je suis dans les temps ?
À peu près.
Plutôt bien d’ailleurs.
Là,
on est arrivé à tout ce qui va être sur les compétences un
peu classiques et
cartésiennes de l’enseignement de 5 à 18 ans.
Maintenant, on va parler des métacompétences.
Donc, métacompétences, compétences transversales,
qui sont du coup des compétences qui sont plus larges et qui
n’agissent sur des domaines un peu différents,
comme l’esprit critique.
et après la créativité, parce que j’aime la créativité.
L’esprit critique, qu’est-ce que c’est ?
L’esprit critique,
c’est la faculté qu’on peut avoir à simplement proposer un
raisonnement
qui va être ordonné et caractérisé,
qui nous permet de prendre des points de vue différents,
de juger d’une situation,
et d’essayer d’avoir un regard sur nos propres actions et
celles
des autres.
L’esprit critique est quelque chose qui est très difficile
de maîtriser, quel que soit notre âge,
et peut-être encore plus chez les enfants.
Parce que l’esprit critique, c’est encore une fois quelque
chose qui se développe,
qui se peaufine au cours de nos expériences et de ce qu’on
peut voir.
Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup,
beaucoup de choses à dire sur l’esprit critique et
l’utilisation de l’IA.
Déjà, dans un premier temps…
Dans une expérience de TANG en 2024,
ils ont utilisé l’IA comme un outil de reformulation,
de prise de perspective, de point de vue multiple,
pour essayer un peu justement de challenger des enfants à
approfondir
et explorer des connaissances.
Et ça a eu un effet plutôt positif.
Les enfants, effectivement, développaient une compétence
critique sur un sujet,
quel qu’il soit, un sujet varié.
en disant bah oui effectivement l’IA m’a permis de mettre à
la place de quelqu’un d’autre,
de dialoguer avec quelqu’un qui challengeait un avis qui
était contraire au mien.
Et en soit c’est très intéressant.
Factuellement c’est vrai qu’on peut facilement configurer un
bot en disant ah
moi j’aime pas les insectes, j’ai envie que tous les
insectes meurent,
s’il te plaît sois un agent écologiste qui me dit pourquoi
est-ce que les insectes sont importants et
challenge mes idées.
ça prend quelques secondes et on va arriver à quelque chose
qui n’est pas si mal que ça.
On va avoir quelqu’un qui va nous dire, en fait, non, mais
les insectes, c’est important pour la biodiversité.
On va pouvoir développer des compétences là-dessus et
surtout apprendre quelque chose aux enfants,
la prise de position et la compréhension des positions
d’autrui.
Et là, c’est tout le développement justement de l’IA en tant
qu’agent de dialogue
où on a cette interface d’aller-retour.
entre lui et nous.
Plus largement,
il y a un peu une revue systématique qui a regroupé des
articles entre 2002 et 2024
qui essayait de voir comment est-ce que l’IA peut être
utilisée dans le développement
de l’esprit critique chez les enfants.
Bon, 62,5% des études indiquent un effet positif de l’IA.
ça veut quand même dire qu’il y a 37,5%
qui indiquent pas trop d’effet de l’IA dans le développement
de l’esprit critique.
C’est pas négligeable non plus.
Et surtout,
l’article met en avant que quand on réussit à bien
développer cet esprit critique,
ça se fait pas n’importe comment.
Ça se fait dans un cadre pédagogique qui a été réfléchi à
l’avance,
par des professeurs qui sont un petit peu formés à l’esprit
critique et à l’IA.
et surtout une préparation aussi pour des enfants qui vont
devoir utiliser un outil sur lequel ils ne sont pas
familiers.
C’est un peu aussi ce qui a été retrouvé dans l’article de
Zao, qui proposait
justement de voir comment est-ce qu’on pouvait reformuler
des avis qu’on avait eus avant, et essayer de changer de
position.
Le principe était tout simple, c’était vraiment une IA
contradictoire.
On disait à l’IA,
j’aime la prof, elle va nous dire pourquoi est-ce que tu
aimes la prof justement, pourquoi est-ce que tu, au
contraire,
tu ne trouverais pas qu’elle est, que tu ne devrais pas
l’aimer.
Comment est-ce qu’on développe un esprit critique là-dessus
?
Et des résultats plutôt positifs.
Mais cette association positive qui est trouvée chez les
enfants ne se
retrouve pas forcément chez les adultes.
Chez les adultes, on retrouve plutôt quelque chose d’assez
opposé là-dessus.
Alors, encore une fois, précaution dans ce que je vous
présente,
c’est une étude qui a été financée par Microsoft, qui sort
des laboratoires de Microsoft,
et qui est publiée sur une archive publique,
donc pas une revue scientifique à proprement parler.
Plus on a confiance dans l’IA,
moins on a d’esprit critique dans ce qui là concerne.
C’est-à-dire que quelqu’un qui utilise l’IA tout le temps,
son esprit critique,
et c’est dommage.
Si on arrête de réfléchir et de faire jouer notre propre
jugement critique,
on est bercé par la psychophance de l’IA.
L’IA va nous bercer dans un aspect confortable de penser,
de se dire j’ai toujours raison, alors je n’ai aucune raison
de douter de moi et d’être critique.
Plus la confiance à l’inverse qu’on a en nous est grande,
donc la confiance dans nos compétences qu’on a est grande,
plus il y a d’esprit critique et moins on se laisse bercer
par des illusions
d’IA, des hallucinations de l’IA ou de l’illusion de
compréhension.
Et c’est plutôt bien.
Ça veut dire que si on travaille avec des gens et qu’on
renforce chez eux
leur individualité, leurs compétences, savoir dire « Ah,
cher enfant, tu es vraiment bon en mathématiques,
ne te repose pas tant sur l’IA que ça parce que tu es fort
en maths » ,
ça peut vous pouvoir aider.
Comment est-ce qu’on peut maintenant réfléchir à valoriser
les compétences des enfants ?
Qu’est-ce que je peux rajouter d’autre ?
Voilà donc du coup il y a un changement de focus
attentionnel et réflexif qui vient là-dessus.
Et dans l’étude de
Gerlich qui portait sur 666 participants avec du tout
venant, alors encore une fois c’est des adultes, plus on
utilise l’IA,
moins on fait attention et on est critique.
Ce qu’on appelle le cognitive offloading, la décharge
cognitive.
Vous savez, tout à l’heure, avec l’effet Google,
Je vous ai dit 1515 marignans et qui va aller chercher sur
Google ?
C’est un peu ça.
C’est qu’en fait, on arrête de réfléchir, on met nos
compétences cognitives un peu en pause,
on décharge cette charge cognitive et on la laisse à
quelqu’un d’autre.
À quel point peut-il devenir rare maintenant d’ouvrir un
dictionnaire pour vérifier le sens d’un mot ?
À quel point ce n’est pas plus pratique de taper le mot sur
Google pour avoir la signification ?
Est-ce que,
pour les gens qui ont le plus d’expérience entre nous,
vous vous rappeliez des numéros de téléphone avant de les
avoir enregistrés sur
vos téléphones en eux-mêmes ?
Moi, je vous avoue que je connais un numéro, c’est celui de
ma mère par cœur, parce qu’elle m’avait forcé à l’apprendre
quand j’avais
7 ou 8 ans.
Voilà.
Et je vous avoue que, alors maintenant, ce n’est plus un
secret, mais c’est resté mon mot de passe pendant très
longtemps pour plein de trucs,
parce que c’était les seuls chiffres dont je me rappelais.
Non mais, il faut savoir le dire,
je ne suis pas immunisé contre la décharge cognitive.
On la vit tous à différents degrés.
C’est juste que ça, ces outils-là dégénératifs,
pour la décharge cognitive, sont massifs.
Les changes de desk healing dont vous parliez tout à l’heure
là-dessus sont très importantes.
Plus on est jeune, plus on dépend un peu de cette décharge
cognitive,
peut-être parce qu’on n’a pas pris l’habitude de réfléchir
et d’apprendre à construire une vision
réflexive d’un sujet en particulier.
Et du coup, il est très important d’apprendre très tôt,
enfin très tôt, tôt,
dans toute mesure et proportion gardée, à utiliser ces
outils,
parce qu’ils sont présents et ils sont utiles, pour savoir
valoriser nos compétences futures.
Et je ne suis plus en avance.
Ça, ce n’est pas très intéressant, ce n’est pas grave, je
vous en parlerai peut-être une autre fois.
Et on va parler d’IA pour la créativité.
Alors, la créativité, comme Maud Besançon, c’est mon dada.
J’adore la créa, la créa c’est trop bien.
La capacité que les humains ont à produire des idées qui
sont nouvelles,
qui sont originales, mais qui viennent aussi solutionner,
trouver une réponse par rapport à une situation qui est
ambiguë et qui est floue.
C’est trop cool.
Pourquoi est-ce que certaines personnes en ont plus que
d’autres ?
Comment est-ce qu’on peut l’augmenter ?
Etc.
Est-ce que c’est un trait de personnalité ?
Est-ce que c’est une partie de la cognition d’intelligence ?
Mystérieux.
J’adore.
Maintenant,
il y a une étude de Doshi et Ozer qui s’est sortie il y a
deux ans,
mais qui reste encore très très vraie maintenant, et qui a
été un peu fondatrice là-dessus,
et qui est depuis reprise très largement.
C’est que…
des enfants et des adultes qui utilisent de l’IA génératif
dans des tâches de créativité,
produire un texte, une histoire,
améliorent leur performance créative quantitative,
mais la créativité,
on peut la mesurer et l’apprécier de façon quantitative,
donc avec des métriques, un score,
quelque chose, mais on peut aussi l’apprécier de façon
qualitative.
De façon qualitative…
pour ce genre de truc là, c’est de dire, bah écoutez, j’ai
lu 20 histoires,
grammaticalement, syntaxiquement parlant, c’est génial,
mais…
Ces 20 histoires, c’était les mêmes avec des mots qui
changent.
Bah oui, là la métrique de créativité est cassée, elle ne
fonctionne plus.
Quantitativement, on est censé donner des bons scores à ces
20 trucs-là.
Mais qualitativement, on se retrouve avec 20 trucs très
corrects,
mais qui sont tous les mêmes.
L’homogénéisation.
L’homogénéisation de la créativité,
c’est quelque chose qui ne semblait pas évident quand les IA
génératifs sont arrivés,
on n’avait pas prévu que ça allait se passer,
mais qui est maintenant un scénario de plus en plus probable
sur notre rapport à la
production créative.
À quoi bon essayer de challenger notre propre soi
créatif, notre nous-même créatif, notre identité créative,
si l’IA est capable de le faire à notre place ?
Ça ne sert à rien !
il y a le feu fait à ma place.
C’est un peu ça le challenge.
Comment faire en sorte de motiver des gens, des enfants,
à continuer à être créatifs et à chercher à être créatifs
plus loin,
plus personnellement, même quand ils utilisent ce genre
d’outils-là.
Voilà, donc quand un élève…
Voilà, donc après c’est cette notion aussi de coût
identitaire qui peut être considérable et durable.
C’est-à-dire de ne jamais trop valoriser ce qu’une IA
fournit de base,
mais de toujours encourager un enfant à aller plus loin dans
ce qui est fourni.
Parlons de métaconnition.
Métaconnition, c’est la connaissance des connaissances,
donc l’apprentissage des contenus et l’apprentissage à
apprendre.
Et de façon pas très surprenante par rapport à tout ce que
je vous ai dit avant,
FAN a publié dans un bon article en 2025…
que les GEN AI, les IA génératives,
peuvent déclencher une paresse métacognitive.
À quoi bon devrais-je me motiver à apprendre plus si j’ai
toute l’information,
tout le raisonnement accessible
au bout de mes doigts ?
Donc on arrête un peu de réfléchir,
on arrête un peu d’avancer dans un avancement,
dans un raisonnement cognitif.
Et on a une IA qui va produire un
résultat et on évalue même pas l’output de l’IA, on
réfléchit même pas à ce que l’IA a produit.
C’est un peu une redistribution qui est silencieuse,
ni l’élève ni l’enseignant ne l’aperçoivent nécessairement
directement,
parce que la performance immédiate s’améliore,
effectivement,
à un temps T plus 0.5, ce que j’ai fourni était bien, mais
sur la durée,
il n’y a plus grand chose.
et c’est précisément une des choses auxquelles il faut faire
attention
là-dessus.
Alors toujours pour continuer un peu sur la métacognition,
on peut changer cet aspect-là si on injecte volontairement
un support métacognitif
dans l’environnement des GNI, des IA génératifs.
C’est-à-dire, comme tout à l’heure, on prompte,
on fait un gros prompt pour dire on va utiliser un
raisonnement métacognitif,
commence à réfléchir comme ça,
et encourage l’enfant à réfléchir à ce qu’il sait déjà.
Challenge-le.
Et dans ces cas-là,
on arrive de nouveau à des effets qui sont plutôt positifs
et à maintenir une bonne métacognition.
Mais ça demande des efforts.
Il y a un peu un effet Donning-Kruger avec de l’IA.
L’effet Donning-Kruger, ce n’est pas vraiment un biais très
scientifique,
mais c’est l’illusion qu’à un moment on sait, ou qu’on ne
sait pas d’ailleurs.
Et ce qui est juste chouette avec cet article de Fernandez,
c’est qu’il a prouvé qu’en fait,
on faisait mieux en utilisant de l’IA,
mais qu’on surestimait à quel point ce qu’on avait fourni
était mieux.
Donc je vais dire, j’ai écrit une dictée, je ne sais pas
non, plutôt un autre histoire, j’ai écrit une histoire,
je la pense au-dessus de la moyenne, elle est effectivement
au-dessus de la moyenne, mais j’ai largement surestimé,
je pensais que mon truc était exceptionnel, révolutionnaire,
alors qu’en fait…
Ouais, ok, ça vaut un 12, quoi.
C’est un peu cette réflexion qu’il faut avoir aussi.
Donc, la question que je pose et qui reste encore ouverte,
c’est que ça, ces études-là,
elles sont surtout faites chez des adultes, mais chez les
enfants qui ont moins de métacognition,
il faut faire attention.
Donc, il y a cinq intérêts pédagogiques principaux à
l’utilisation de ces outils-là.
Le tutorat dialogique et le retour d’informations.
qui est le plus gros point fort, on peut parler à un outil
constamment, c’est très pratique.
La co-création itérative et générative, c’est une nouvelle
façon de travailler,
de créer et d’apprendre quand c’est bien fait.
La résolution de problèmes dans le cadre de projets.
Oui,
mais seulement si c’est accompagné par un chatbot qui est
vraiment bien
conçu et qui encourage notre réflexion.
L’apprentissage par la simulation ou le jeu, ça c’est vrai,
pour tout ce qui va toucher aux sciences et aux
mathématiques, c’est plutôt pratique,
mais pas de contact émotionnel, c’est vrai aussi.
Et l’accompagnement à l’évaluation,
on peut entraîner un chatbot à être un…
Moi, pour mon directeur de thèse, j’avais mon totbot.
qui me daient à réviser mes articles.
Très pratique.
Mon directeur de thèse s’appelle Todd Lubart.
C’était mon Todd-mote.
Il pourrait y avoir un mot de pote.
Je dis ça, je dis rien.
Donc, l’IA a des effets positifs auprès d’enfants en
difficulté.
Ça peut être individualisant pour ces enfants-là.
Mais c’est une technologie qui…
C’est une nouvelle technologie qui est ajoutée,
et ce n’est pas nouveau la difficulté d’ajouter la
technologie à
l’enseignement.
Mais ça demande quand même de développer ces nouvelles
compétences de prompting
et de se rappeler de l’information.
J’ai essayé d’être équilibré pour vous montrer ce que ça
faisait de bien, mais aussi les effets négatifs.
Donc j’insiste sur l’esprit critique que je veux aiguiser
chez vous.
Les sièges négatifs, c’est bien, mais…
Il y a beaucoup de mais.
L’illusion de compréhension, c’est toujours très dangereux.
On externalise des compétences, donc c’est des choses qu’on
ne retient plus et qu’on ne développe plus chez nous.
Beaucoup d’études trop récentes qui sont un peu trop tape à
l’œil et qui
manquent d’une validité dans le temps.
Et il n’y a pas de consensus global.
Et les gains par rapport à un enseignement humain sont
faibles,
neutres.
négatif en fonction des études.
Donc, précaution.
Mais ce n’est que le début.
J’insiste encore une fois, ce que je vous dis maintenant va
probablement s’améliorer dans les années à venir.
Comment réfléchir à une bonne intégration ?
Premièrement au cas par cas.
Il ne faut pas essayer de généraliser ça d’un plan et
surtout auprès de gens qui n’auraient
pas ce besoin ou la volonté d’utiliser l’outil.
Ce n’est pas nécessairement un besoin pour tous les enfants,
adolescents qui devraient l’utiliser.
Tout le monde n’en a pas nécessairement l’intérêt.
Il faut que ça vienne un peu de l’équipe pédagogique et des
enseignants pour qu’il y ait vraiment cette intégration qui
se
fasse entièrement et pas seulement par un ordre supérieur.
Quand on l’utilise, il faut encourager, créer des outils
spécifiques qui encouragent la métacognition,
la réflexivité pour l’apprenant.
ça ne peut pas se substituer à une présence humaine et il
faut
apprendre très jeune aux enfants que ces machines, même si
elles sont fantastiques,
sont des machines à biais et qu’il faut réfléchir avec
beaucoup d’éthique à
cette utilisation-là.
Et puis bon là je parle un peu d’éthique, philosophique et
tout ça mais écologie, tout ça,
c’est bien aussi d’y réfléchir.
Autre débat.
Euh…
je pense que j’ai à peu près atteint le bout donc…
Je vais peut-être tout dire là-dessus.
Alors, il y a un auteur qui s’appelle Ethan Mollick qui
publie beaucoup de choses sur comment un peu entraîner,
utiliser l’IA dans un cadre pédagogique,
plutôt pour des lycéens universitaires.
C’est chouette.
C’est un chercheur.
Il essaie de bien réfléchir à ce qu’il propose.
C’est pas sans biais.
C’est un influenceur.
Enfin, c’est un professeur-influenceur.
Voilà.
Mais il propose de réfléchir justement à des typologies qui
sont assez intéressantes.
Dans tous les cas, pour l’utilisation pour les enfants, les
plus bas âges, leur faire une démonstration de l’outil,
leur apprendre comment ça fonctionne et y aller petit à
petit.
Ne pas les laisser en tout cas, ne pas avoir les compétences
d’écriture, de mathématiques, etc.
de base avant de leur montrer tout ça.
Donc, GenAI, un outil potentiel énorme, mais trop jeune et
pas sans danger.
Une littérature qui évolue,
et je vous invite à être critique au niveau de la
littérature et à vous renseigner sur de la vraie littérature
scientifique, pas des trucs commerciaux qu’on essaiera de
vous vendre,
beaucoup de deskilling, peu de upskilling pour le moment, et
un reskilling qui est modéré.
Il faut toujours enseigner les fondamentaux,
et il ne faut pas avoir peur de faire de l’innovation dans
nos attitudes
pédagogiques.
Et encore une fois, science sans conscience n’est que…
Ah, il y avait plus d’énergie au début quand même, hein ?
Je les ai tués.
Oh mince.
Je vous en prie.
je pourrais répondre avec celui-ci.
Tout d’abord,
merci pour cette spectaculaire présentation qui est vraiment
sympa à
regarder.
J’avais justement pour parler des…
d’esprit critique, une petite critique, mais qui déborde un
peu du cadre initial qui était sur les enfants,
plus dans le monde professionnel pour les adultes,
la difficulté c’est que le capitalisme nous en demande
toujours plus,
et donc je pense que beaucoup de personnes vont tomber dans
le piège de l’IA,
parce qu’on en demande toujours plus,
et qu’on a un tel flux de données à traiter,
que le cerveau humain est complètement dépassé par toutes
ces informations.
Je voulais avoir votre avis sur la question.
C’est un avis politique autant qu’un avis de recherche.
Je suis plutôt un partisan, moi, d’utilisation de l’IA.
Je ne sais pas si j’ai été très clair là-dessus.
Je suis plutôt un partisan d’utilisation de l’IA, mais
encore une fois,
pas au détriment de l’humain.
Ma position est une position d’un idéaliste naïf qui ne peut
malheureusement rien faire.
face à une société qui veut de la production à outrance.
Mais je ne saurais dire que vous avez tort, parce que je
pense que vous avez fondamentalement raison.
Je ne sais pas si c’est la réponse que vous attendiez,
mais garder l’agentisme et
l’individualisme humain est un challenge qui va
nous occuper pendant de plus en plus d’années avec les IA.
les robots qui vont être de plus en plus fréquents partout.
J’aime à croire que le human made va garder peut-être un
aspect un petit peu un petit peu attirant dans les
productions qu’on va pouvoir
avoir et que si des sociétés aussi capitalistes
soient-elles sont intelligentes et lisent un peu la science
elles
verront que tous les protocoles d’intelligence hybride donc
du meilleur de l’humain et du meilleur de
l’IA ensemble et pas l’un entre l’autre,
apporte des résultats beaucoup plus intéressants en termes
de micro, macro,
économie.
Voilà.
J’étais clair.
Bonjour, merci pour votre présentation.
petite question qui j’aurais pu d’ailleurs la poser aux deux
autres intervenants mais on parle
beaucoup d’IA, de production, de création,
de l’utilisation dans notre quotidien mais sans évoquer la
part environnementale que
celle-ci peut avoir en fait notamment sur la consommation
d’eau,
d’énergie et ainsi de suite et je voudrais avoir votre point
de vue en fait par rapport à ça quelle est la
place de l’environnement dans votre processus en fait
d’utilisation de l’IA ?
Dissonance cognitive.
Je m’en doute bien.
Alors, blague à part.
Actuellement, on est sur des modèles qui s’appellent des
LLM,
Large Language Model.
Bientôt, quand la technologie sera plus accessible, on va
passer à des modèles qui sont de
SLM, Small Language Model.
Ce seront des modèles ultra spécialisés qu’on pourra tous
faire tourner sur nos ordinateurs.
et qui ne dépendront plus de serveurs situés très loin,
qui causent des gros problèmes pour les données, comme on en
a parlé plus tôt dans les présentations,
et qui tourneront en local.
Donc ça consommera toujours de l’électricité, mais sur notre
ordinateur,
en étant extrêmement spécialisé pour des tâches spécifiques.
De même, ce genre d’outils sont déjà totalement disponibles
pour les curieux et les amateurs.
Si ça vous intéresse, vous pouvez facilement aller sur
GitHub,
et avoir des modèles d’IA franchement plutôt sympa que vous
pouvez
faire tourner en local.
Donc ma dissonance cognitive me dit de vous répondre ça,
mais qu’en attendant mon raisonnement n’est pas parfait pour
ça et je suis absolument
scandalisé de la quantité d’eau qui est utilisée aux
États-Unis pour construire toujours
plus de data centers pour des choses qui sont pas…
pour une technologie qui n’est même pas mature.
Merci pour cette réponse et j’en rajoute aussi un petit peu
juste pour me replacer.
Je suis Thomas Bouchoud et je suis chargé de sensibiliser et
de former toute la communauté REN2 à l’intelligence
artificielle.
Donc merci pour la présentation, c’était super intéressant.
Et sur le côté LLM et SLM, il y a quand même l’effet rebond,
l’effet où la technologie n’a jamais réussi à sauver son
propre problème.
En général, quand la technologie s’améliore, quand on fait
des gains en termes de consommation énergétique,
on a tendance à beaucoup plus utiliser la technologie aussi.
qui du coup annule un petit peu ces gains là.
Par contre effectivement, et merci de souligner que les SLM
commencent à arriver et qu’on commence à en faire des
expérimentations,
d’installer en local et notamment sur des RAGs, c’est à dire
des…
on peut installer des IA sur des serveurs et il y a aussi
RAGAREN,
l’expérimentation de l’université de Rennes qui est
accessible à toute personne ayant une adresse mail
d’enseignement supérieur.
Stylé !
Donc n’hésitez pas à essayer aussi ces solutions là ou à
vous rapprocher
soit du FabLab à l’université ou des différentes instances
qui font la promotion un petit peu de…
de ces modèles-là.
Merci en tout cas, c’était très intéressant.
En tout cas, très intéressant cette démarche qui peut être à
Rennes,
et c’est probablement le futur d’avoir ces small language
models qui vont
tourner sur nos ordinateurs en eux-mêmes,
pour faire nos tâches quotidiennes et être très efficaces
là-dessus.
Et après, d’avoir des serveurs d’entreprise, d’université,
etc.,
qui en plus éviteront des dépendances à des services qui ne
sont pas
français, parce que la géopolitique…
Autre sujet, mais on peut en parler.
Oui, bonjour.
Ce qui me vient à l’esprit là,
c’est que j’ai entendu très récemment une émission que
peut-être d’autres ont entendue sur un certain nombre
d’étudiants américains
qui ont des réactions très virulentes lorsqu’ils entendent
parler de l’IA, des réactions très négatives.
J’étais un peu surprise, surtout en sachant que je venais là
aujourd’hui.
Et du coup, ma question serait, est-ce que ça veut dire
qu’il y a aussi ça quelque part,
un rejet massif ou pas ?
Voilà, ça me vient comme ça.
Alors, j’ai vu ces émissions aussi, c’est…
Vous faites référence par exemple au patron de Google qui
est allé souhaiter ses
vœux à je ne sais plus quelle université, il s’est fait huer
quand il a parlé de l’IA générative.
Et vous avez raison, c’est quelque chose qui se produit
actuellement.
La plus jeune génération, surtout aux Etats-Unis, a très
peur pour son travail parce que
les IA génératives sont la première révolution industrielle
qui touche plutôt l’école blanc que
l’école bleue.
Donc des gens à fort…
compétences normalement intellectuelles, etc.
plus que des gens qui avaient des compétences plutôt
manuelles.
Ce mouvement de méfiance et de défiance envers l’IA est
totalement légitime.
Ce sont des jeunes gens qui risquent de ne pas être employés
parce que
le boulot d’un informaticien junior c’est fait par
un informaticien qui a quelques années et qui gère 5 IA en
même temps qui font le code pour lui.
Donc ça cause un problème.
Je suis bien incapable de vous chiffrer si ce mouvement est
très largement répandu ou pas.
Je pense qu’il se répand de plus en plus.
Je pense qu’il y a eu une vague d’un peu de hype de l’IA
qui est en train de descendre auprès des jeunes, à juste
titre, à bien des égards.
Mais l’outil est là et ce n’est jamais parce que des gens
ont manifesté qu’un outil a
malheureusement disparu.
On peut choisir de ne pas l’utiliser, mais pour faire
référence aux deux questions qui viennent par là, de une,
le système capitaliste, de deux, le fait que la technologie,
on a force à ne pas l’utiliser, elle va perdurer.
Le problème est plus institutionnel, on travaille beaucoup
sur l’intelligence hybride en ce moment,
c’est de la réflexion qui essaie justement de mettre en
avant des cercles vertueux et éthiques
dans l’intégration de l’IA générative dans le milieu du
travail,
en employant des gens et en allant devant plus de
productivité.
Je vais juste me permettre de terminer avec une digression
là-dessus.
Chacune des révolutions industrielles a vu un certain nombre
de métiers disparaître
et des métiers se créer.
Ce n’est pas parce qu’il y a eu moins besoin d’avoir de
fermiers, d’agriculteurs dans les champs au début du 19e
siècle, dans les années 1800,
avec le début de l’industrialisation et de la mécanisation,
qu’on a eu forcément moins d’emplois maintenant.
Ma logique est loin d’être parfaite.
Elle est pleine de biais.
Mais dans une vérité…
vérité.
Une approche de la vérité historique, démographique
là-dessus,
elle se tient.
Développer ses compétences, avoir des métiers qui changent,
des métiers qui évoluent, possiblement.
Peut-être un retour au métier manuel, qui pourrait être très
intéressant aussi.
Et au fait main.
Beaucoup de fait main, j’espère.
Mais je suis idéaliste.
Merci beaucoup pour l’intervention.
Il y a une actualité, il y a
Nvidia et Microsoft qui ont lancé le laptop,
les ordinateurs d’aujourd’hui vont être beaucoup plus
puissants avec les nouvelles
puces.
Vous parlez de la puce pour faire tourner les nouveaux
services d’IA en local, c’est ça ?
En fait c’est Nvidia et c’est le Surface Laptop Ultra,
en gros c’est Microsoft et Nvidia pour les puces qui vont
faire que nos ordinateurs vont être très très
puissants.
branché aussi sur les IA Microsoft avec peut-être des fuites
sur ce qu’on a derrière.
Mais en gros,
un peu comme l’armée ou un peu comme les armes aux
États-Unis, plus il y en a,
plus on les utilise, plus finalement l’outil nous permet de
faire plein de choses,
plus on a du mal à faire autrement en fait.
Des gens avec qui je travaille finalement faisaient il y a
quelques années beaucoup de choses en
développement informatique avec parfois des difficultés.
Aujourd’hui, en fait, ils ne font pratiquement plus que de
l’IA parce que finalement,
pourquoi se prendre la tête trois jours quand on peut faire
les choses simplement ?
Est-ce que finalement, pour nos enfants, ce ne sera pas un
peu la même chose ?
Une de mes tantes travaillait dans des beaux quartiers de
Rennes et finalement,
les enfants avaient des vies tellement exceptionnelles qu’à
l’école,
les scénarios pédagogiques ne suscitaient pas vraiment
beaucoup d’intérêt parce que ce qu’ils vivaient à côté
était beaucoup plus passionnant.
Et parfois, ils arrêtaient même, je me rappelle, de
discussions avec ses enseignants.
qui ont eu des publics privilégiés, finalement, ils
préféraient écouter ce qui s’était passé.
Ils avaient pris l’avion, ils étaient allés à New York
pendant le week-end.
En fait, c’était bien plus intéressant que le petit scénario
qui était un peu limité avec les moyens de l’éducation
nationale.
Est-ce qu’on n’a pas aussi, nous-mêmes, en tant
qu’enseignants,
en tant que professionnels, on a tendance à les utiliser
beaucoup,
mais jusqu’à un certain point, en fait, on a notre
libre-arbitre et puis à un moment donné,
ça devient tellement pratique qu’en fait, ce n’est plus un
vrai choix.
c’est finalement ben on Tout le monde fait ça, donc je vais
faire aussi.
Et finalement, cette difficulté à avoir le recul et lire
toute la littérature scientifique,
est-ce que c’est réel ou est-ce qu’en fait, en vrai, on ne
va pas le faire parce qu’on va être submergé ?
Qu’est-ce que vous pensez de cette difficulté, finalement,
à faire soi-même un effort énorme par rapport à quelque
chose qui est très facile,
mais on perd une partie de notre liberté ?
Alors, l’effort humain doit rester,
mais disons que tout dépendra de la volonté de l’humain à
devenir maître de ses compétences et de son activité,
ou d’être un touche-à-tout, mais qui ne maîtrise rien,
et qui est incapable de faire quoi que ce soit sans l’outil.
Repensez à ce que je vous ai dit sur la calculatrice au tout
début.
Au lycée…
On apprend à faire des intégrales en mathématiques.
Enfin, on apprenait, je ne sais plus si toujours au
programme, mais on apprend toujours.
D’accord.
Je fais confiance à celle dont le fils passe le bac dans
deux jours.
Je suis incapable de le faire hors de tête.
Je sais les faire avec ma calculatrice scientifique, Casio,
je ne sais plus trop quoi, machin chose, du mûche.
Parfois,
il faut savoir choisir ce qu’on veut savoir faire de A à
Z nous-mêmes.
ou avoir la compréhension générale du concept.
L’un n’est pas forcément plus enviable que l’autre.
Et c’est bien ce que l’humain doit être capable de choisir
lui-même.
Beaucoup d’idéalisme dans ce que je dis, évidemment.
Mais il faut encourager l’enfant à développer ce qui
l’intéresse,
développer ses compétences, et d’aller vers quelque chose
qui, je l’espère,
lui permettra de se…
développer et de s’épanouir.
Et en dehors des enfants, pour les psyEN dont les missions
sont innombrables,
est-ce que finalement la seule solution c’est donc d’être
des touche-à-tout ?
Pour cette question, malheureusement,
je vous renverrai vers des gens qui sont spécialistes des
psyEN dans la salle et qui ne
sont pas moi.
Navré, je ne peux pas, je dois botter en touche sur cette
réponse-là.
Moi je veux bien compléter un petit peu la réponse si vous
me le permettez.
sur la puissance numérique donc avec l’annonce de Nvidia et
les ordinateurs
Microsoft en fait on a déjà la puissance aujourd’hui chacun
sur son smartphone on peut télécharger une application qui
s’appelle
PocketPal et on peut télécharger un modèle d’IA sur son
téléphone et le faire tourner simplement en local
Donc on a déjà la puissance numérique aujourd’hui pour avoir
chacun son propre intelligence artificielle sur son outil.
Maintenant, dans la présentation, il y avait un mot qui a
été présenté à la fin, c’est intégrer, l’intégration.
Si je parle au nom de RENDE et la politique qu’on essaie de
mettre en place,
on n’est pas dans l’intégration mais en fait dans
l’appropriation.
Et s’approprier ne veut pas dire forcément adopter la
technologie.
Ça veut dire sensibiliser et former un petit peu tout le
monde pour développer justement son esprit critique,
ce qui a été rappelé plusieurs fois dans la présentation.
Et pas forcément être expert du prompt et savoir utiliser à
fond l’intelligence artificielle.
Mais du coup,
savoir critiquer les résultats et critiquer en quoi est-ce
que l’humain reprend sa place dans le travail
et valider un petit peu tout le processus à la fin.
Il y a des métaphores qui ont été faites.
Il y a une métaphore assez connue, celle des caisses
automatiques dans les supermarchés.
Quand les caisses automatiques sont arrivées, on a dit qu’il
n’y aurait plus de caissières.
Et maintenant, on voit de plus en plus les caisses
automatiques qui sont refermées.
Et en fait,
on remet des caissières parce qu’on s’est rendu compte que
les caisses automatiques ne permettent pas à la fois de
faire passer des caddies entiers
et en même temps, il y a l’augmentation du nombre de vols
dans les magasins.
avec…
ça a validé le fait que s’il n’y a pas de supervision
humaine, le système numérique ne suffit pas à lui-même.
Donc on remet la place de l’humain un petit peu dedans, et
merci encore une fois dans la présentation,
parce que la place du coup entre travailler avec l’IA,
et ne pas demander à l’IA juste de faire à la place d’eux,
c’est là où je trouve que c’est le plus intéressant
aujourd’hui,
c’est cette relation entre humain et machine, plutôt que
laisser la machine entièrement faire par elle-même.
Je suis bien d’accord.
Merci, on va s’arrêter là pour cette présentation.
On se retrouve à 15h30 pour la dernière conférence.
Eh bien, merci à tous pour votre attention.
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